Week-end de chasse à la mère
(Seuil/Points, 2004, 208 pages)
Follement drôle... (dit la quatrième de couverture)
C'est drôle, effectivement, mais pas dans le sens premier qu'on l'entend:
l'humour de Geneviève Brisac est davantage cynique et gribouillé.
"Week-end de chasse à la mère" est la suite de "Voir les jardins de
Babylone", mais il a été publié d'abord, peut-être c'est une suite sans en
être une concrètement. Dans ce roman, en fait, on retrouve avec bonheur
les personnages principaux: Nouk, une maman paumée, décalée et limite un
peu folle, son fils Eugenio, petit garçon exigent, ogre, lucide,
intelligent et vorace. Tous deux vivent trop à deux, alimentent une
relation étouffante que l'entourage juge anormal et mauvais pour la mère
et l'enfant.
Nouk, elle, écoute les exigences de son fils qui, la veille de Noël,
ordonne à sa mère de leur organiser une fête "différente", non plus un
tête-à-tête mère/fils qui le gonfle. Alors, à deux, ils vont organiser
quelques jours de délire complet: l'achat d'un vrai sapin de Noël, un
réveillon au Bon Marché, la rencontre d'un type qui a de Tchekov le prénom
d'Anton, l'enterrement saugrenu du canari Eve, des vacances en bord de mer
en Bretagne, etc... Mais Eugenio n'est pas satisfait. Même les blagues
potaches sur la reine Elisabeth le laissent de marbre, alors Nouk se pose
des questions. Et si son amie Martha avait raison? si l'eau était
finalement trop grise et impossible à peindre? Et qui disait cela: je
marche des cailloux dans les poches?
Là, Geneviève Brisac prend véritablement plaisir à broder autour du sujet
de la relation maternelle, la relation filiale, l'amour vautour, l'enfant
roi, etc. C'est parfaitement jubilatoire, pour l'écrivain de l'avoir
écrit, d'avoir exploser son délire, et donc pour le lecteur, de ricaner,
de déchanter, etc. Un roman comme j'aime!
Note : 4/5
(Clarabel)
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