La marche du cavalier
(Editions de l'Olivier, 2002, 135 pages)
J'aime l'univers de Geneviève Brisac et j'aime particulièrement sa culture
ou ses penchants littéraires, notamment en ce qui concerne la sacro-sainte
littérature féminine! C'est de cela qu'il est question dans cet essai,
"La marche du cavalier", qu'elle entame sur une note de colère mêlée au
chagrin, car décidément le courant actuel penche de plus en plus vers le
sectarisme, et de se poser la question sur la création sexuée, la création
tout court.
"Un jour, Nabokov vendit la mèche: "J'ai des préjugés contre toutes les
femmes écrivains. Elles appartiennent à une autre catégorie". Et il
refusait de lire Jane Austen, jusqu'à, contraint, il s'en trouva bluffé!
Il découvre des procédés stylistiques: "la marche du cavalier, la
fossette d'ironie et le ton épigrammatique".
Mais bon, Geneviève Brisac va aller plus loin et développer l'idée de la
"création" et piocher de pertinents exemples dans les lectures qu'elle
privilégie, à partir d'auteurs femmes qu'elle affectionne: Virginia
Woolf, Flannery O'Connor, Grace Paley, Rosetta Loy, Alice Munro, Ludmila
Oulitskaïa, Karen Blixen, Sylvia Townsend Warner, Jean Rhys, Chrysta
Wolf...
Les propos sont savoureux, les anecdotes rigoureuses et l'envie de se
plonger dans certains recueils indéniable! Car toutes ces références sont
maigrement connues et Geneviève Brisac, une nouvelle fois, partage son
enthousiasme et nous adhère à sa cause! C'est juste regrettable de noter
l'absence de bibliographie, mais je pense qu'elle a suffisamment insufflé
de passion contagieuse pour qu'on parte à la recherche de tous les livres
cités dans cette "Marche du cavalier"! Si la littérature féminine vous
intéresse, n'attendez vraiment plus!
Note : 4/5
(Clarabel)
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