Le Vide et le Plein : Carnets du Japon 1964-1970
(Hoebeke, 2004, 186 pages)
On sait l'attachement porté au Japon par Nicolas Bouvier, découvert
lors d'un premier voyage en 1956 prolongé huit ans plus tard sur un paquebot
des Messageries maritimes, avec femme et enfant. Un séjour de deux ans, des
petits boulots de rédacteur et de traducteur qui permettent de survivre puis
un retour à Genève. Vingt ans plus tard, "Chronique japonaise" livre
les impressions et émotions de l'auteur extraites des carnets soigneusement
annotés tout au long du voyage. La plupart de ces carnets étaient
restés inédits, Eliane Bouvier a décidé de les rendre
publics. Avec la volonté de ne pas transformer le travail de Nicolas et de laisser
ces notes telles quelles, nous offrant ainsi un panorama touchant de fragments, de
sensations, de mots.
Le choix du titre (tout un symbole) renvoie à l'ouvrage "Le Dehors et le
Dedans" (Editions Zoé) et oppose le Japon urbain et trépidant
à la sérénité des temples et des grands espaces. La
ville face à la campagne. Allusion, peut-être, aussi, à Nicolas
Bouvier affrontant quelques tourments intérieurs qui ressemblent à de
la dépression. Ces carnets sont des parcelles de bonheur à
déguster avec beaucoup de précaution tant ils sont fragiles et
personnels. Nicolas Bouvier, par ces mille et une petites notes, porte un regard
lucide et tendre sur le Japon et ses habitudes, sa culture, sa population, ses
mystères et cet hermétisme parfois agaçant pour les Occidentaux.
Beaucoup de subtilité, comme toujours, dans l'écriture de Nicolas
Bouvier, qui tente une approche en douceur, veut comprendre, observe, raconte sans
juger ou rejeter. Cela donne une jolie fusion entre deux mondes, un oeil
extérieur ouvert sur tout et nous invitant à la découverte.
Ce n'est pas un carnet de voyage, ce n'est pas un journal intime, ce n'est pas une
biographie ou un documentaire, c'est tout cela et plus encore.
Note : 5/5
(Sahkti)
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