Une enfance à l'eau bénite
(Seuil/Points, 1990, 222 pages)
La narratrice est un enfant, une petite fille, qui grandit dans le nord de Montréal,
sans que le quartier soit nommé, on suppose que c'est Villeray. On est à la fin
des années quarante, Duplessis et le clergé veillent sur la bonne conscience des
Québécois. Notre héroïne vit dans une famille de classe moyenne. La
mère a comme ambition d'élever ses enfants au-dessus de sa classe, le père
est la grande honte de la famille, spécialement de la fillette; c'est un mécréant,
il jure contre l'Église et ne va pas à la messe. On la suit dans sa scolarité chez les soeurs
à partir de la première année jusqu'à la fin de l'adolescence.
Le thème principal est la religion, la religion qui est omniprésente à
cette époque, qui mène le Québec par le bout du nez. J'ai lu souvent sur
le sujet comme bien des québécois j'imagine mais ici c'est différent.
Le roman est centré sur cette petite fille face à tous ces préceptes et
dogmes religieux qu'on lui inculque, tout ça l'angoisse et lui mine l'existence.
On est loin de l'insouciance de l'enfance d'aujourd'hui, ici c'est l'enfant qui a peur de
pécher, qui vit toujours dans la crainte de ne pas agir comme il le faut. Et puis à
l'adolescence elle commence à se poser des questions, elle voit peu à peu que les
soeurs, les idoles de son enfance, ne sont pas sans reproche...
C'est un roman où l'approche psychologique est profonde. L'auteure démontre
comment les petites filles étaient endoctrinées par les soeurs et les effets
pernicieux qui en résultèrent.
Tout ça agrémenté d'une plume vive, alerte, énergique et d'une
histoire très prenante.
Ayant lu d'autres romans qui se déroulent à la même époque ou
presque à Montréal, tels que Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy, Les
chroniques du Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay, Le monde de Barney de Mordecai
Richler, je me suis plu à comparer ces oeuvres, plusieurs idées communes
ressortent. Vraiment passionnant.
Je le suggère vivement!
Note : 4.25/5
(Mousseline)
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