Jadis, si je me souviens bien
(Actes Sud/Babel, 2000, 117 pages)
Plongée dans les souvenirs, une de plus, pour Charles Bertin. Avec son style
bien à lui, si poétique, si rond, si frais. Une écriture
élégante, des phrases mélodieuses... cela provoque au bout de
quelques pages un délicieux ronronnement de plaisir dans la tête du
lecteur. Charles Bertin sait emballer les mots et les rendre magiques, c'est
indéniable.
Seulement cela ne suffit pas toujours, il faut aussi que le fond du récit se
prête à de tels jeux d'écriture et ce recueil de trois
nouvelles m'a paru sur ce point un peu plus faible que d'autres textes de l'auteur.
Trois nouvelles, trois récits du souvenir, trois ambiances maritimes dont
deux (les deux premières, autour de la Méditerranée et de
l'Egée) sont un véritable régal de description. Le narrateur
se souvient de personnages qui l'ont marqué. Pas des gens exceptionnels sans
doute, mais des êtres qui sont profondément ancrés dans sa
mémoire pour un regard, un sourire, une phrase ou un voile de mystère
qu'un rien aurait cependant réussi à soulever.
Si j'ai trouvé l'écriture plaisante, j'ai moins accroché aux
histoires, elles m'ont paru légères et creuses à la fois, la
plongée dans les souvenirs d'un homme qui ne concernent que lui et
ressemblent à un joli conte qu'on oublie assez vite.
Note : 3/5
(Sahkti)
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