Club des rats de biblio-net


9467 critiques, 3612 livres, 1451 auteurs



Alessandro Baricco

Océan mer
(Gallimard/Folio, 2002, 282 pages)

Dans ce roman de Baricco, le personnage principal n'est nul autre que la mer.

Pour "dire la mer", l'auteur passe d'un personnage à l'autre, utilise des matériaux (narration, lettres, documents) et des styles diversifiés (dialogues intégrés dans le récit, parfois non, un chapitre par personnage, un chapitre pour le bord de la mer, un autre pour le ventre de la mer, etc.), superpose les temps du récit et choque l'oeil - ou le charme - avec de grands vides typographiques.

Avec son grand souci de l'écriture, Barrico la rend opaque, incontournable. Ses ruptures de points de vue et la variété des matériaux qu'il utilise ont généralement pour effet de m'éloigner de la fiction. Avec "Soie" et "Châteaux de la colère", il m'était impossible de me laisser emporter par le récit.

Mais pour "dire la mer", il fallait passer par tous les chemins, les moins fréquentés surtout. J'ai vécu, senti, goûté et vu la mer jusque dans mon âme. Un ami m'a laissé entendre que "Océan mer" de Baricco était, en quelque sorte, l'équivalent du "Parfum" de Süskind. Il avait vu juste.

De mon point de vue, "Océan Mer" est le roman le plus réussi de Baricco. À ajouter à ma liste d'incontournables! Tout simplement g-é-n-i-a-l!

En passant, il vient de sortir en format poche.

note : 5/5
(Lafillasse, Rive-Nord de Montréal)

**********

L'histoire se passe dans une pension de famille au bord de la mer. Il y a sept chambres, sept pensionnaires des plus étranges et quatre enfants non moins étranges. Un peintre qui ne peint pas, un scientifique qui passe ses journées à regarder le sable afin de découvrir où la mer s'arrête, une femme adultère, une jeune fille qui espère guérir de sa maladie qui n'est pas vraiment une maladie, un prêtre, un futur assassin et un homme qui ne sort pas de sa chambre... En fait tout ce monde est là pour fuir quelque chose, sur le bord de la mer le temps s'arrête, c'est le temps de se regarder en face, de se retrouver.

Un roman absolument merveilleux, un style littéraire unique, très original, du jamais vu, une prose qui se lit comme un long poème au point qu'on n'arrive plus à s'arrêter. Et la mer, la mer qui est omniprésente, qui est un personnage en soi... Baricco est parfois énigmatique, il a un humour absolument merveilleux, ah ce qu'il m'a fait rigoler. De plus c'est un charmeur Monsieur Baricco, il charme avec ses mots. L'aspect philosophique est très présent. Des images absolument fabuleuses, par exemple le peintre qui peint, qui cherche le commencement de la mer, le savant qui lui cherche la fin de la mer...

Voici trois extraits:

"La mer immense, l'océan mer, qui court à l'infini plus loin que tous les regards, la mer énorme et toute-puissante - il y a un endroit, il y a un instant, où elle finit - la mer immense, un tout petit endroit, et un instant de rien."

"Que disons-nous lorsque nous disons : mer? Disons-nous le monstre immense capable de dévorer toute chose, ou cette vague qui mousse à nos pieds? L'eau qui peut tenir dans le creux de la main ou les abysses que nul ne peut voir? Disons-nous tout en un seul mot, ou masquons-nous tout sous un seul mot? Je suis là, à quelques pas de la mer, et je n'arrive pas à comprendre où elle est, elle. La mer. La mer."

"- Quelquefois je me demande ce que nous sommes entrain d'attendre.
Silence.
- Qu'il soit trop tard, madame."

Bref, un livre remarquable... un roman grandiose comme on en voit peu! Je vous le suggère très très fortement!

note : 5/5
(Mousseline, Montréal)
**********

5/5 et pourtant si vous m'aviez demandé dans les premières pages je vous aurais répondu: "Distrayant sans plus!"

C'est génial. C'est comme un recueil de nouvelles découpé en roman et dont chaque nouvelle en recoupe une autre qui en recoupe une autre... Des vagues de plaisir littéraire qui déferlent!!!

Évidemment, ça ne se décrit pas. C'est beau et grandiose et il y a des traits de génie là-dedans. Un des textes est découpé comme une chanson et à chaque paragraphe, il reprend la première chose c'est... , la deuxième c'est... et ainsi de suite. Et finalement, quand tu fermes le livre ce soir-là, l'histoire se déroule comme une chanson tragique parce que tu te souviens de la séquence. Humour, fantaisie, drame, amour, etc. tout s'y retrouve. Un vrai "trip".

On peux-tu mettre 6/5? ;-)

note : 5/5
(Boogok, Rive-Nord de Montréal)

**********

Ça sert à rien, Baricco m'énaaaaarve. J'ai l'impression de lire quelqu'un qui se regarde sans cesse dans le miroir. Qui s'enregistre, puis qui s'écoute pour passer le temps.

Toujours la même chose au fil des pages, les mêmes concepts qui se répètent. Pourtant le sujet était bon, quelque fois j'ai senti le début de quelque chose. Mais non, on recommence un chapitre et on s'égare. Puis, on en recommence un autre et on se répète. Pfff! C'est presque frustrant.

C'était mon dernier livre de Baricco.

Océan Mer est quand même moins insignifiant que Soie. D'où le 1 point accordé. Une partie des personnages méritent peut-être d'être connu. Je pense à Élisewin et Adams grâce à qui j'ai réussi à finir le livre. Une ovation monstre pour ces deux personnages qui baignent dans le niaisage. A leur place, je sortirais sans doûte du livre.

note : 1/5
(Pico, Rive-Nord de Montréal)

**********

Je partage complètement l'enthousiasme de Mousseline par rapport à ce livre, une véritable petite merveille.

Ce qu'il faut faire lorsque que l'on ouvre ce livre, c'est se laisser porter par les mots, ne pas chercher à comprendre les personnages mais juste les accepter comme ils sont et les suivre tout au long des pages.

Le livre regorge de poésie et d'humour (l'inventaire des tableaux de Plasson est à mourir de rire, les réflexions sur le début et la fin de la mer, les différents dialogues, les tentatives de séduction de Bartleboom... bref la liste est très longue). Les mots imitent le rythme de la mer, nous avons souvent l'impression que nos yeux suivent les vagues, que la mer est en face de nous.

De plus, je trouve que le livre est irréprochablement bien construit. Jusqu'à quelques pages de la fin, on ne sait toujours pas où l'auteur veut en venir, mais une fois la lecture terminée, tout se regroupe! J'ai dû repartir dans le roman pour être certaine de n'avoir rien manqué...

On a souvent l'impression d'être dans une sorte de conte de fée, dans un rêve... Les personnages sont tellement inhabituels, les réactions des gens inattendues. On a l'impression que les adultes sont entourés de petits elfes qui les accompagne dans leur entrée dans le rêve qu'est la pension...

Bref, j'ai adoré ce roman et je suis bien impatiente de découvrir les autres livres d'Alessandro Baricco. Épatant comme livre!

note : 5/5
(Cryssilda, Paris)
**********

Quel livre différent... Peut-être est-ce parce que j'ai grandi les deux pieds dans le St-Laurent, mais j'ai adoré ce livre. J'ai vraiment eu l'impression d'être là, au bord de la mer, sentir l'air marin, entendre le bruit des vagues, sentir le vent dans mes cheveux, me croire ailleurs tout en étant chez moi...

Au début de ma lecture, je dois avouer que j'ai eu un peu de difficulté à me laisser embarquer, à comprendre. Je lisais un chapitre et je ne comprenais rien. Je lisais le chapitre suivant et je comprenais tout alors je revenais au premier chapitre. J'ai fait ça pendant 60 pages. Ça été le plus long 60 pages de ma vie je pense! Ça doit avoir duré 2 semaines. Mais peu à peu, je me suis laissée aller et j'ai laissé tomber toutes balises. J'ai adoré les personnages, tous mieux construits les uns que les autres et j'ai adoré leurs histoires, si banales mais si inordinaires en même temps. Je pense que ce livre est l'exemple parfait du style et de l'intrigue qui réussit. Ce livre ressemble à de la poésie, sans en être vraiment... Ah, j'en garde un merveilleux souvenir et comme Mousseline, plein de phrases en tête...

(on parle d'Élisewin)
"[...] elle, qui à proprement parler ne possédait pas un tempérament sensible mais était possédée, pour employer un terme exact, par une sensibilité d'âme incontrôlable [...]" (p.18)

(lettre de Bartleboom à "sa femme")
"Où commence la fin de la mer?" (p.49)

"La mer, parce qu'il ne l'avait jamais vue, voyageait dans l'esprit du baron de Carewall comme un passager clandestin à bord d'un voilier ancré dans le port, toutes voiles amenées: inoffensif et superflu." (p.55)

"Mais surtout: la mer appelle. Tu le découvriras, Élisewin. Elle ne fait que ça, au fond: appeler. Jamais elle ne s'arrête, elle pénètre en toi, elle te reste collée après, c'est toi qu'elle veut." (p.104)

Je prends ce dernier passage très à coeur car ça m'arrive, dans les dédales bétoniques de Montréal, de ne vouloir qu'une chose: être au bord de la mer! Si je le peux, je pars aussitôt pour la Gaspésie. Sur la route, je me sens devenir de plus en plus fébrile à l'approche de la 132 (route qui longe le St-Laurent). J'ouvre alors ma fenêtre et alors je la sens, mer et pendant un instant, il n'y a que ça!

note : 5/5
(Mélodie, Montréal)
**********

Je donne 1/5 parce que il n'y a aucun livre de vraiment nul. Mais celui là je n'ai pas été capable de comprendre le fil de l'histoire. Ce n'est pas vraiment mon genre de livre. Mais je l'ai lu presque au complet malgré tout. Il me reste au maximum une dizaine de pages que je ne lirai pas.

note : 1/5
(Petitelune, Estrie/Québec)
**********

Alors voilà j'ai beaucoup aimé ce roman, je viens de découvrir un nouvel auteur que je ne connaissais pas du tout. Comme Mélodie je me suis fait valser par le son des vagues je me croyais vraiment là, mon élément c'est l'eau, alors je ne pouvais pas demander mieux. J'avais vraiment l'impression d'être avec eux là-bas au bord de la mer à simplement regarder cette vaste étendue d'eau.

Pourquoi je ne donne pas 5, c'est parce que le livre m'a donné des problèmes, par bout j'avais de la misère à suivre le courant de l'histoire mais pas assez pour décrocher, j'ai tout de même adoré.

note : 4/5
(Mimi, Montréal)
**********

Océan-mer. J'ai fermé le livre mais je le garde à portée, à ma vue, comme un nouveau présent que l'on ne se lasse pas de contempler. Un roman à l'eau de mer: une perle.

J'ai fait une promenade magique au bord de la mer, je me suis réfléchie dans son miroir de glace, me suis laissée emporter dans les méandres de ses vagues. Je me suis balladée dans les coulisses de la pension Almayer et j'y ai fait la rencontre d'individus étranges et fascinants dont la mer a influé leurs destinées.

J'aime Barrico. Sa narration poétique, la sculpture et le dévoilement de ses personnages, son talent à imager et réciter la mer. J'ai été transportée dans un univers étonnant, j'aurais voulu que cela ne s'arrête pas.

Un livre que j'ai lu avec passion en une journée, mon imagination en couvre-feu et une impression de magie.

(Sereine, Montréal)
**********

J'en ai lu 246 pages, puis je me suis arrêtée, me rendant compte que je sautais allègrement les pages, en particulier celles du prêtre.

Il y a un peintre, ancien portraitiste, qui peint des toiles avec de l'eau de mer, donc elles restent blanches (c'est pas nouveau en 1918 Malevithch peint carré blanc sur fond blanc) il y a une jeune fille qui souffre d'on ne sait quelle maladie, et qui est guérie en connaissant l'amour, il y a un homme qui écrit à une femme imaginaire tous les jours, et qu'il recherche, il y a une femme qui a trompé son mari, un homme qui ne sort jamais de sa chambre, et des enfants qui semblent être comme des anges.

Tous sont dans une pension en front de mer. Ils se croisent parfois, ça donne des dialogues du genre: Alors que fait-tu ici toi? Je cherche les yeux de la mer. Mais il n'y a rien sur la toile. Si, il y a de l'eau de mer. (passionnant!) Après il y a l'histoire du radeau, des hommes et des femmes ont fait naufrage, et ils survivent en se mangeant. Retour à la pension, une nuit d'orage, la situation semble se décoincer et moi je décroche complètement.

Je trouve que c'est un roman prétentieux, ou alors, je n'ai pas atteint les hautes sphères qui me permettront de l'apprécier à sa juste valeur. Il y a même des fois ou cette prétention m'a fait rire, un peu comme dans les films de Rhomer, ou de Godard, c'est sans doute très intelligent, mais, mon dieu, que c'est chiant! Il semble qu'il y ait des auteurs qui ne savent pas être intelligent sans être chiant! On dirait même que c'est la condition absolue pour que leurs écrits fassent sérieux.

En plus, je n'ai pas de goûts particulier pour observer la mer, j'aime bien échanger avec la mer, baignades, sports aquatiques, mais rester là, comme un piquet devant la mer, ça me lasse vite. Je vis cette lecture comme un échec, pourtant, je suis du genre persévérente, mais, là, j'avoue que j'ai trouvé mes limites. Merci Baricco.

note : 0.5/5
(Margote, Paris)
**********

J'ai beaucoup de difficulté à donner mon avis sur ce roman, je suis ambivalente... Certains aspects ou passages m'ont littéralement envoûtée mais malheureusement d'autres m'ont profondément agacée ou ennuyée. J'ai eu beaucoup de difficulté à accrocher au début. Je ne comprenais absolument pas où l'auteur voulait en venir et je n'étais pas d'humeur à me laisser bercer uniquement par les mots. Par contre, le milieu du roman était absolument génial, mon intérêt était capté, je n'arrivais plus à lâcher le livre. Et puis vers la fin, de nouveau, certains passages m'ont paru fastidieux...

Je crois que cet avis mitigé vient du fait que certains personnages m'ont touchée, intéressée alors que d'autres ne me disaient rien.

Bref je donne une note intermédiaire mais il faut comprendre que c'est tout simplement une moyenne de deux extrêmes!

note : 3.5/5
(Frisette, Rive-Sud de Montréal)

**********

Comment résumer Océan Mer?

Nous retrouvons les différents personnages du livre dans une pension de bord de mer... une pension un peu étrange où y habite des enfants assez particuliers. On y fera la rencontre d'un chercheur qui écrit un livre pour mesurer où finit la mer, un peintre qui peint des toiles pour savoir où commence la mer, une femme isolée par son mari trompé, une jeune fille malade et le curé qui l'accompagne... viendra se joindre à tout ce beau monde Adams ou Thomas, un marin rescapé d'un naufrage et un autre homme dont on connaîtra l'identité à la toute fin...

On devine une intrigue mais on ne comprend pas de quoi il en retourne... jusqu'à la fin évidemment où les morceaux du casse-tête semblent se placer comme par magie!

J'ai beaucoup aimé... c'est un livre un peu étrange par le climat qui y règne mais en même temps prenant parce que l'auteur sait garder notre attention.

Comme pour Soie, c'est un livre que je relirai afin d'en comprendre mieux certaines subtilités qui m'auront échappées... par chance ça se lit bien!

Bref... j'ai aimé!

Note : 4.25/5
(Lagrande, USA)

Ajoutez votre critique

Pour avoir plus d'infos:

Europe: Amazon.fr
Québec/Canada/USA : Amazon.ca








Château de la colère,
Océan mer,
Soie,
City,
Novecento: Pianiste,
Sans sang,
Next,
Homère Iliade

Biographie et bibliographie



Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net