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Alessandro Baricco

Château de la colère
(Gallimard/Folio, 2003, 336 pages)

L'histoire (s'il y en a une) se déroule au 19ième siècle en Europe dans une petite ville qui n'existe que dans les pages du roman. Des destins se croisent comme seul Baricco en a le secret: Jun Reihl une femme aux belles lèvres, les rêves de voies ferrées de son mari à la direction d'une fabrique de verre, Pekish et son obsession de réaliser un humanophone (orgue humain), le petit Pehnt soucieux d'apprendre le monde ordinaire en le notant quotidiennement dans son carnet. La vie sans plus.

Forme narrative qui épouse celle de la pensée, faite de parenthèses, d'images, de sons, de dialogues, de répétitions et de trous. Thématiques à la Baricco: le temps qui passe, enfants géniaux, sages et clairvoyants, personnages excentriques et dévoués à l'étude d'un phénomène en apparence banal, etc.

J'ai eu beaucoup de mal à terminer ce roman. Les passages d'un personnage à l'autre, le style narratif et les descriptions philosophiques m'ont semblé insensibles. Quelques métaphores charmantes, des citations marquantes, mais lecture un peu emmerdante! J'ai eu l'impression d'assister à un exercice de style, l'écriture étant tellement opaque que je ne voyais plus le récit. Soie m'a laissé un peu cette impression, en moins long naturellement.

À lire pour le style. Les amateurs de Soie devraient être comblés!

note : 3.5/5
(Lafillasse, Rive-Nord de Montréal)

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De loin le plus mauvais livre de Baricco (je n'ai lu ni "Next", ni "L'âme de Hegel et les vaches du Wisconsin"). Un style vraiment emmerdant et désagréable; c'est comme si quelqu'un qu'on trouve complètement idiot et prétentieux vous faisait un clin d'oeil. Insupportable. Dans le même genre de bouquins à la "cercle des poètes disparus", je préfère encore John Irving et pourtant je trouve ça vraiment pourri. A essayer de lire si on a envie de s'emmerder (ça aide aussi à s'endormir). Arriver au bout des 325 pages est un véritable défi.

note : 5/5
(Un internaute de Paris)
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Il faut rendre justice à ce livre parfaitement mené, malgré sa rapidité et la fusion narrative des évènements. Il ne s'agit pas seulement d'une prouesse technique. Ce livre est une peinture, une peinture surréaliste, dans le sens où elle est au-dessus du réel. C'est un rêve.

Quand à la naïveté du style, elle pourrait être énervante si on la prenait pour de la fausse modestie. Mais elle est nécessaire. L'auteur aurait été pédant si, à l'inverse, il s'était laissé aller à n'être compréhensible que pour lui-même. Au contraire, il essaie de nous montrer avec le plus de simplicité possible qu'il n'y pas d'histoires ou de linéarité, mais uniquement, une superposition d'instants, sur lesquels seuls quelques privilégiés savent s'arrêter, comme Mormy. Et sur lesquels, il essaie lui-même de nous arrêter.

Ce livre amène à beaucoup de réflexions, bien plus que Novecento qui n'est qu'une nouvelle de présentation du style de Baricco aux Français.

Note : 5/5
(Marion, France)

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