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John Banville

Le monde d'or
(Flammarion, 1993, 269 pages)

Une île aux trésors

Ce roman fait partie de la "Trilogie Artistique", dirions-nous, de John Banville. C'est son neuvième roman, et il se situe dans cette trilogie entre "Le livre des aveux" et "Athena". Nous y retrouvons Frederick St John Vanderfeld Montgomery, que nous appellerons, malgré le côté aristocratique du personnage, roturièrement Freddie.

Freddie ayant purgé dix ans de prison suite à un assassinat (voir "Le livre des aveux") est libéré; il s'installe sur une île pour se protéger des autres et protéger les autres de lui-même. Il entreprend des recherches sur un peintre aussi mystérieux que quasi-inconnu : Vaublin! D'ailleurs il n'est plus réellement sûr du nom! - Faublein, Vanhobelain, Van Hobellijn? Faites votre choix. Il travaille avec le professeur Kreutznaer, qui semble vivre d'une gloire passée, un dénommé Licht est leur homme à tout faire.

La vie pourrait durer longtemps comme cela, entrecoupée par ses visites chez le brigadier représentant l'autorité sur l'île et sa brève amitié avec "La veuve" et prenant fin avec la mort de celle-ci. Mais un événement plus grave survient; des naufragés, sept exactement, débarquent sur cette île. L'un deux, Félix, tente de faire chanter l'ancien prisonnier, que sait-il?

John Banville nous ramène en arrière, à la sortie de prison de celui-ci, qui apprend que quelqu'un le cherche, mais pourquoi?

Le professeur Kreutznaer, personnage célèbre, dans le temps, ex-professeur aux Beaux-Arts, double, fantôme ou ombre positive de Freddie, est le narrateur (ou le spectateur?) d'une partie du livre. Il aurait, semble t-il, aimé être acteur, théâtralisant sa vie somme toute monotone pour ne pas dire inutile.

Félix semble être le témoin, un peu gênant d'une partie peu glorieuse de la vie de Freddy. Est-ce lui que le brigadier recherche depuis l'annonce du naufrage?

Les naufragés doivent maintenant repartir!

L'écriture de John Banville est toujours recherchée et même raffinée avec de superbes descriptions de personnages ou de l'île. Par contre il ne respecte pas trop la chronologie de l'histoire, ce qui est déroutant par moments, et comme les personnages semblent avoir un double, cela donne une lecture confuse et difficile.

Je n'avais pas souvenance que ce livre était si touffu et plein de personnages secondaires qui nous promènent chacun dans leur propre monde. Une impression mitigée, mais quelle écriture!

Extraits :

"J'ai aimé l'île d'emblée et jugeais sa tristesse agréable."

"Il est le peintre de l'obscur comme d'autres de la lumière. Il est le peintre des absences, des épilogues."

"Qu'il est calme, qu'il est incurieux! Ils attendent si peu de la vie, ces gens-là."

Note : 3.5/5
(Eireann)








La mer,
Le livre des aveux,
Le monde d'or,
Athéna,
Eclipse,
La lettre de Newton



Né à Wexford, en Irlande, en 1945, John Banville vit actuellement à Dublin. Son oeuvre, depuis son premier livre, "Long Lankin", publié en 1970, a été salué par toute la critique et récompensée par de nombreux grands prix littéraires, dont le James Tait Black Memorial Prize en 1976 pour "Docteur Copernicus", le Guardian Fiction Prize en 1981 pour "Kepler", et le prix de la Fondation Lannan pour l'ensemble de son oeuvre.



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