La lettre de Newton
(Flammarion, 1998, 116 pages)
Croquons la pomme, mais gare aux pépins.
La lettre de Newton est une des oeuvres de ce qui est appelé "La
tétralogie scientifique". Banville écrivant un ouvrage sur Copernic,
Kepler, Newton et Méfisto.
Un homme se raconte à une mystérieuse Cliona. Il lui explique
pourquoi il a arrêté l'écriture d'un livre, perdant sept ans de
sa vie. Ecrivain en mal de calme, il avait loué un pavillon de chasse dans une
grande demeure, le manoir de Ferns en Irlande. Les propriétaires, ancienne
grande famille protestante, vivotent tant bien que mal, bien loin de leur grandeur
passée. Le narrateur tente de finir un livre sur Newton, la tentative n'est
pas réellement un succès, d'autres tentations sont plus terre
à terre. Il entame une liaison avec Otillie, la nièce de ses
hôtes.
Au bout d'un certain temps, il se rend compte qu'il est, en réalité,
amoureux de Charlotte, la maîtresse des lieux, et son état mental va
aller en se dégradant, en même temps que l'état physique du
mari de Charlotte. Commencent alors les dérives morales de cet homme, qui se
pose des questions sur sa vie et sur son oeuvre. Et maintenant, il doit aussi se
pencher sur les secrets de cette famille.
Edward Lawless, le mari de Charlotte, est un alcoolique, que l'écrivain
soupçonne d'avoir fait un mariage d'intérêt. Charlotte est un
être fragile, sous calmants, personnage plutôt effacé, en
parfaite opposition avec sa nièce, femme de caractère ayant
jeté son dévolu sur ce nouvel arrivant comme elle semble l'avoir
déjà fait dans le passé. Michael, l'enfant, de qui
est-il?
Toujours une écriture précise pour ne pas dire précieuse, mais
facile d'accès, ce qui n'est pas toujours le cas avec John Banville.
Un bon livre court, ce qui évite les temps morts, très
intéressant et plein de petites phrases de haut vol.
Extraits :
"Elle parlait. Parfois, je la soupçonnais de s'être glissé au
lit avec moi pour pouvoir parler."
"C'était Newton qui constituait ma vie, et non ces gens blêmes et
ternes dans leur maison décrépie au coeur vide du pays."
Note : 4/5
(Eireann)
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