Athéna (Robert Laffont, 2005, 314 pages)
L'art et le faux
Second volet de la trilogie que John Banville a consacré à l'Art.
Morrow (Le Montgomery du "Livre des aveux"), expert en tableaux est chargé
de certifier l'authenticité de huit tableaux tout en n'étant pas trop
regardant sur leur provenance, il est seul dans une maison vide. Mais une
mystérieuse femme "A" lui fera perdre la tête.
J'ai moins aimé que "Le livre des aveux", comme un spectateur qui est plus
attiré par le cadre que par le tableau lui-même.
Toujours la longue narration d'un homme solitaire, agrémenté de la
description des huit tableaux en question. Ces tableaux, oeuvre présentant
des scènes de la mythologique, accompagnent la lente descente aux enfers du
narrateur, personnage peu reluisant que poursuit son passé et le souvenir de
"A". Cette femme brune dominatrice le manipulera, mais dans quel but? Comme
à l'accoutumée avec John Banville, une belle écriture et un
vocabulaire très recherché, peu de personnages secondaires à
part une pittoresque et pseudo tante âgée donnant un peu de
gaieté à ce livre plutôt austère et un peu
décevant.
Un court extrait : "Penser à toi m'évoque trois choses : l'oesophage
d'un poisson mourrant dans lequel j'ai enfoncé mon pouce, l'intérieur
grenu de ton intimité dans lequel..., et la pulsion tumescente de la
gorge d'une grande soprano - mais laquelle? - sur la troisième note tenue
du second alléluia du "Die junge Nonne" de Schubert."
Note : 4/5
(Eireann)
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