Club des rats de biblio-net


9467 critiques, 3612 livres, 1451 auteurs



Russell Banks

Sous le règne de Bone
(Actes Sud/Babel, 1999)

Bone, c'est un adolescent de quatorze ans qui fait les quatre cents coups: vol, drogue... Il n'est pas méchant juste qu'il essaie de survivre. Il est parti de la maison familiale où ce n'était pas très rigolo. Il a d'abord vécu parmi un gang de motards, ensuite il a passé quelques mois dans la maison de campagne de riches américains, évidemment à l'insu des proprios. Avec une petite fille, qu'il a sauvé des mains d'un vieux pervers, il a passé les plus beaux mois de sa vie dans un vieil autobus scolaire abandonné où il s'est lié avec un vieux sage rasta jamaïcain. C'est la vie à la dure! L'histoire se déroule à Plattsburgh et dans les environs. Et puis on file avec Bone en Jamaïque et là on découvre la vie des rastas et les adorateurs de Bob Marley et de reggae, passionnant!

Russell Banks décrit très bien ses personnages, il nous fait découvrir le côté sombre de la société américaine et ce à travers un adolescent auquel on s'attache grandement. C'est la vie de Bone mais ça pourrait être aussi la vie de n'importe quel autre adolescent qu'on voit trainer dans les rues. Russell Banks nous permet d'entrer dans ce monde de paumés et c'est très très intéressant.

Le seul hic... la traduction à la française qui parfois est dérangeante, qui ne reflète pas toujours la société américaine. Mais peu importe, j'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman!

Note : 5/5
(Mousseline)
**********

On le suivrait jusqu'au bout du monde le petit Chappie alias Bone. Certes, il n'agit pas dans la légalité la plus absolue mais c'est un personnage attachant et fascinant. Quant à ses rencontres avec des personnages des plus tordus au plus mystique, elles sont de vrais délices. De ses 14 ans à ses 15 ans, Bone aura eu le temps de franchir le passage vers l'âge adulte et de se tourner vers la maturité. Un roman initiatique, merveilleux servi par une très belle écriture. On ne s'ennuie jamais sur les routes avec Bone.

Russell Banks c'est l'auteur qui va continuer à me faire plaisir avec ses oeuvres que je n'ai pas encore lues. Je constate que je ne suis pas la seule pour qui le charme a agi et cela me fait bien plaisir. Allez encore plein de livres à mettre dans ma LAL (soupirs résignés).

Note : 5/5
(Chimère)
**********

Il avait tout pour me plaire ce livre : un genre de livre (excusez les emprunts anglais) "coming of age" et "road trip" : Bone, 14 ans, jeune délinquant pas trop méchant, essaie de survivre et d'échapper à sa vie de famille misérable. Des événements l'obligeront à quitter son patelin pour, tout d'abord, aller se cacher (et tout bousiller en passant) dans une maison de campagne; ensuite, il vivra dans un bus abandonné (le fameux bus de "Des beaux lendemains") avec un vieux rasta qu'il accompagnera par la suite en Jamaïque. Là-bas, Bone se retrouvera, retrouvera sa valeur perdue il y a bien longtemps. Il découvrira aussi les côtés plus sombres des gens qu'il idéalise, et acceptera ainsi mieux les siens.

Un livre très touchant. Malgré tous les problèmes de Bone, tous ses mauvais coups, on ne le déteste pas et on ne le plaint pas. On veut seulement qu'il s'en sorte, même si cela veut dire qu'il doive désobéir à la loi parfois. Au fil des pages, on sera témoins de son "éveil" alors qu'il prendra conscience de son être, de sa vie, et qu'il cheminera (et en arrachera) pour bâtir son propre système de valeurs, sa propre éthique.

C'était le tout premier Russell Banks que je lisais et certainement pas le dernier. J'ai adoré les personnages (même les vilains étaient tellement bien décrits) et l'histoire, qui bouge beaucoup, n'était jamais ennuyante. Banks aurait pu étirer la sauce et nous donner 100 pages de plus, mais il en est resté au minimum, au nécessaire et il n'y a rien de superflu dans ce livre.

Note : 4.5/5 (faut que je me garde une petite gêne pour mes prochaines lectures)
(Mélodie)
**********

Ce roman fut pour moi une découverte sur l'enfance abandonnée dans ces grandes villes, j'ai eu peine à imaginer cela et pourtant ce livre est criant de vérité mais heureusement il y a aussi de l'humour, mais souvent j'ai eu envie de dire à Bone... "Allez vas-y, prouves-leur que tu vaux mieux qu'eux!!!"

Note : 5/5
(Lalyre)
**********

C'est le deuxième roman de Russell Banks que je lis. J'aime toujours autant cet auteur. Cette manière de partager les émotions du personnage et de le suivre dans son évolution est très bien menée. Le parcours de Bone m'a intéressée car il est, je pense, celui de nombreux jeunes. J'ai apprécié le clin d'oeil aux "Beaux lendemains".

Néanmoins, un cinquième du livre m'a ennuyée. A partir du moment où Bone arrive en Jamaïque et s'initie à la culture rasta. Tout un passage un peu "carte postale" de la vie là-bas, pour les noirs, pour les blancs... un peu surfait.

La fin du roman est encore une fois ouverte. J'ai aimé l'évolution de ce garçon pour qui les limites du bien et du mal ne sont pas définies mais qui reste capable de générosité, de tendresse. Ce roman m'a souvent fait penser au "Temps de la colère" de Tawny O'Dell qui racontait aussi un moment de la vie d'un jeune garçon en souffrance.

Note : 3.5/5
(Odilette)
**********

Un adolescent à problème Chapie Dorset accumule les petits actes de délinquance et quitte le domicile parental pour vivre d'expédients avec de jeunes loubards. Partagé entre le bien et le mal Chapie décide de devenir Bone, changer d'identité lui permettra, pense-t'il, de prendre un nouveau départ et il quitte sa ville, et se lance sur une route qui le mène après maints périples jusqu'en Jamaïque.

Avec ce livre lu peu après celui de Richard Russo, c'est encore l'image de la gentille famille américaine qui vole en éclat. Est-ce représentatif des jeunes élevés au sein de familles déshéritées, de celles pour qui le Rêve américain a des allures de cauchemar?

Il semble qu'il y ait beaucoup d'éléments autobiographiques dans ces deux romans qui détaillent le malaise d'adolescents perturbés par la pauvreté et les carences de leur cellule familiale. Mais à coté de celle de Bone, la famille de Ned (dans "Quatre saison à Mohawk") est "une famille idéale", car dans la vie de Bone il y a un secret sordide qui explique son comportement.

J'ai aimé dans ces deux romans que le langage des héros ne soient pas faussement le langage de jeunes garçons (en général ce stratagème m'horripile), sauf parfois dans les dialogues.

Il y a dans "Sous le Règne de Bone" des coïncidences qui sont un peu "grosses ficelles". Et l'impression désespérante que cet adolescent, qui ne peut se rattacher à rien, aura du mal à s'en sortir.

Ce roman m'a fait penser à ce livre dont je vous ai parlé : "La petite voix du coeur" de Billie Letts. Où là c'est une toute jeune fille qui est paumée et abandonnée par sa famille et son copain, livrée à elle-même dans un milieu hostile. Dans ce dernier roman cependant, il y a autour d'elle des personnages chaleureux qui la réconfortent et la prennent sous leurs ailes. Dans le livre de Russell Banks, le héros n'a personne, c'est certainement beaucoup plus réaliste mais j'aime aussi me dire que le pire n'est pas toujours inéluctable.

Note : 3.8/5
(Zeta_b)







American Darling,
Sous le règne de Bone,
De beaux lendemains,
Affliction,
Continents à la dérive,
Trailerpark,
Pourfendeur de nuages,
L'ange sur le toit

Biographie et bibliographie



Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net