Affliction
(Actes Sud/Babel, 2000, 496 pages)
Affliction raconte principalement la vie de Wade Whitehouse, un homme de 41 ans qui vit à
Lawford, dans une petite ville au nord du New Hampshire. Wade est né et a passé
toute sa vie à Lawford. Son père est un alcoolique fini qui a battu Wade
et sa femme. Wade est l'enfant du milieu d'une famille de 5 - ses 2 frères aînés sont
morts au Vietnam et sa soeur et son frère plus jeunes vivent au Massassuchets.
C'est un récit troublant sur la vie dans un petit bled perdu aux USA, mais ça
pourrait être n'importe où. L'hiver qui s'annonce difficile dès les
premiers jours de novembre, l'éloignement de la "civilisation", le manque de loisirs...
la seule chose que les hommes peuvent faire c'est de prendre un coup au bar de la ville ou de
se saouler chez eux...
Le récit troublant de l'Amérique profonde... celle qui engendre des hommes
malheureux qui répètent les mêmes gestes que leurs pères... Wade
combat toute sa vie pour ne pas devenir comme son père, mais il est exactement pareil et
ce roman nous amène vers sa chute...
C'est un livre sombre et sans espoir... pas seulement à cause de l'histoire, mais parce
qu'on sait qu'en quelque part, ce roman représente la réalité de trop
de gens...
Vraiment, un auteur à lire!!!
Note : 4/5
(Lagrande)
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Affliction, c'est le récit envoûtant de 15 jours durant
lesquels la vie d'un homme bascule, c'est l'enchaînement implacable
d'une foultitude de petits évènements de rien du tout, qui,
mis bout à bout et mal interprétés, amènent
à une conclusion dramatique et pourtant attendue.
Wade a 40 ans, vit durement dans une petite ville rude du New Hampshire,
et est affublé d'une douleur dentaire lancinante. Le fond du
problème de Wade, c'est qu'il n'a plus personne dans les yeux de qui
se voir intelligent, alors il se croit râté. Et la solitude, la
misère, le froid, la neige, les humiliations, son enfance, et sa
pernicieuse dent vont l'amener au fond du trou, devise de son patron!
C'est un roman brillant de par l'époustouflante écriture de
Russel Banks. C'est l'analyse psychologique des personnages poussée
à son paroxysme, c'est l'ambiance d'une certaine Amérique
rendue jusqu'au moindre détail, c'est tellement d'empathie qu'on
ressent jusqu'au fond des tripes l'inextricabilité de la
situation.
Note : 5/5
(Cuné)
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Qui a envie de vivre à Lawford? un trou perdu au fin du New Hampshire,
lui-même perdu au fin fond des Etats-Unis? Personne. Pas plus Wade qu'un
autre. Wade qui essaie de survivre au milieu d'un monde de tarés. Il n'y a
pas d'autre mots : les habitants de ce patelin sont tous soit fous, soit
alcooliques, soit racistes, soit violents soit tout cela en même temps.
C'est ce qui me dérange dans ce livre. Je l'ai lu pour la première
fois il y a longtemps, trop longtemps, et à l'époque il m'avait
littéralement foudroyé. Depuis j'ai découvert des auteurs
proches de cet univers sombre et désespéré : Faulkner,
Thompson, Cave... Russel Banks n'a ni la créativité du premier, ni
l'humour du second, ni la poésie du troisième. Son livre est en effet
poignant, mais il est surtout totalement plombant. Trop, c'est trop.
En effet c'est bien d' "Affliction" qu'il s'agit, car on en ressort lessivé,
écoeuré. "Affligé" au sens premier du terme, c'est-à-dire vidé.
Note : 3.5/5
(Thomas)
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Dans une petite ville du New Hampshire, nous sommes témoins de la descente
aux enfers de Wade Whitehouse, un homme alcoolique, violent, divorcé et
fortement dépressif. La mort supposément accidentel d'un homme viendra
basculer son équilibre déjà très fragile.
Une belle rencontre pour moi que ce Russell Banks. J'ai eu quelques
difficultés au départ à m'habituer au style de l'auteur, ces
descriptions, cette écriture dense. J'ai bien fait de résister aux
premières pages, car j'ai été happée par l'histoire de
cet homme qui combat pour ne pas ressembler à son père et qui
pourtant répète ses erreurs. Russell Banks décrit tellement
bien ses personnages qu'on a l'impression de ressentir ce qu'ils vivent. La fin que
je voyais pourtant venir m'a fortement attristée.
Un livre poignant qui ne laisse pas indifférent!
Note : 4.25/5
(Cocotte)
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Nous sommes à Lawford, un trou perdu au fin fond du New Hampshire,
Etats-Unis. Le héros (si on peut appeler ça comme ça) de cette
histoire est Wade Whitehouse, 41 ans, divorcé deux fois de la même
femme, père d'une petite fille, ouvrier dans une société de
forage et agent de police municipale à temps partiel. Wade se sent seul,
pense qu'il a raté sa vie et porte en lui le poids d'une histoire familiale
(deux frères tués à la guerre, un père alcoolique et
violent). Il boit pour oublier sa vie, ses problèmes et sa rage de dent.
C'est le week-end d'Halloween et, à cette occasion, Wade
récupère sa fille. C'est aussi l'ouverture de la chasse.
Implacablement les événements vont s'enchaîner les uns aux
autres pour conduire Wade à la déchéance.
Russell Banks nous livre le portrait d'un homme au bout du rouleau, un homme qui
perd son combat contre lui-même, un homme condamné à
répéter les même erreurs que son père. C'est noir. Il
n'y a pas une lueur d'espoir. La neige et le froid étouffent toute
possibilité de rédemption, d'évolution positive. Tout comme
"Pourfendeur de nuages" c'est une lecture démoralisante malgré la
maestria de l'auteur.
Note : 4/5
(Lhisbei)
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Autant j'avais aimé "Sous le règne de Bone", autant cette fois je
me suis ennuyé. Ce Wade est bien banal, c'est un divorcé qui a une existence
difficile et ordinaire comme des millions d'autres hommes. Encore une famille
minée par l'alcool et la violence, et c'est à se demander s'il existe
en Amérique une famille paisible. Bien entendu le héros vit dans un
endroit impossible, un trou sans intérêt couvert de neige la
moitié de l'année. L'histoire de Wade est racontée par son
frère Rolfe et ni l'un ni l'autre ne font ce qu'il faut, encore qu'ils
s'aiment visiblement. Sans qu'on sache pourquoi Wade part sur une idée fixe
et préconçue pour élucider la mort, apparemment accidentelle,
d'un antipathique inconnu au cours d'une partie de chasse, alors qu'on ne lui a
rien demandé et il va de drame en drame avant de disparaître dans la nature.
Jamais je n'ai éprouvé de sympathie ou d'intérêt pour un
personnage dans ce livre, à l'exception de la niveleuse.
Note : 3/5
(Pilou)
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