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Paul Auster

Trilogie New-Yorkaise
(Actes Sud/Babel, 2002, 444 pages)

1. La cité de verre
2. Revenants
3. La chambre dérobée

J'ai beaucoup moins aimé le deuxième livre que les deux autres. Et le dernier livre est définitivement mon préféré.

En lisant ces livres, on ne peut que se poser des questions, en tout cas moi je n'arrêtais pas de m'en poser. J'essayais d'interpréter les faits, j'essayais surtout de découvrir l'auteur. De connaître Paul Auster! Plus je le lis plus je l'aime, y'a un quelque chose qui m'attire.

À lire et à relire surtout. À relire pour comprendre davantage. Ce n'est pas un livre facile!

Note : 4/5
(Mousseline)
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J'ai adoré. Je les ai lus en rafale et si je n'ai qu'une critique, c'est que je ne comprends pas qu'on les ait mis séparés!

Les trois histoires s'imbriquent les unes dans les unes autres et de lire l'une nous fait mieux apprécier l'autre.

Je trouve Paul Auster inventif et absolument délicieux. Pour sûr, il faut aimer les coïncidences mais quand on s'y arrête, la vie en est tellement remplie que l'écrivain exagère à peine!

J'ai peine à rassembler mes idées, je suis séduite.

Note : 5/5
(Boogok)
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Sur l'ensemble des trois tomes de "Trilogie New-Yorkaise" de Paul Auster je m'aventure dans une interprétation personnelle.

Le point commun des trois tomes est la relation entre l'auteur et ses textes. Il me semble qu'Auster veut décrire à vif comment travaille le cerveau d'un auteur à fiction. Il ne s'agit certes pas d'une autobiographie, ni d'une autopsychoanalyse, alors je me suis inventé le néologisme de "autopsychographie". L'auteur imagine, écrit, structure, se lit, se juge, se voit à rebours dans ses textes et réfléchit sur ses rôles multiples : Auster fait de l'auteur le centre de récits autour de personnages fictifs qui sont tous en lui mais qui ne peuvent pas être en lui tous en même temps.

Dans "Cité de Verre", le personnage Peter Stillman a été pensé, puis il reste silencieux et négligé par l'auteur/père 12-13 ans, avant de venir parler dans ce livre comme le fils Stillman; mais l'auteur n'est pas encore fixé sur l'identité qu'il donnera au nommé Peter Stillman: peut-être que Peter sera le père. Recherchant ce père Stillman, il y a des possibilités: derrière la possibilité du clochard, apparaît un autre d'apparence riche: l'auteur doit choisir entre les deux: lequel suivre (aussitôt choisi, l'autre disparaît). Mais si le père existe, le fils ne peut pas trop exister en même temps: alors appel au secours du fils à l'auteur en forme de détective: branchement auteur, Auster, Quinn, qui occasionellement est aussi Peter Stillman. A la fin tous les personnages sont disparus et il ne reste plus qu'un narrateur, d'identité inconnu, qui pourrait être Auster, mais pas l'Auster nommé dans le livre.

Dans "Revenants" il y a une "autopsychographie" plus abstraite (et de lecture moins agréable): "Tout d'abord il y a Bleu. Plus tard il y a Blanc, puis Noir et avant le début il y a Brun." Quatre couleurs, 4 aspects de l'auteur. Brun est l'auteur en personne, tirant les ficelles, mais qui fait très vite place aux personnages du roman. Bleu observe Noir écrire sur Bleu. Devant une telle multiplicité, l'auteur doit choisir: faire disparaître tel ou tel personnage devant tel ou tel autre. Donc Bleu, qui est Blanc et Noir, fait disparaître Noir qui est Blanc masqué. Seulement, à ce moment-là Bleu aussi n'a plus de raison d'être et disparaît de l'écrit.

Dans le troisième tome, l'auteur disparaît dès que ses écrits sont donnés pour être publiés. L'héritier des textes se confond avec l'auteur toujours présent derrière les livres et il a besoin de tuer cet auteur, en pensée, pour se libérer de son pouvoir, retrouver une identité simple, non divisé. Mais finalement, il lui faut même faire disparaître le texte pour se retrouver.

Je compare cette trilogie avec Noé de Jean Giono (lien ici) : Giono dédouble le monde extérieur et reste plus ou moins une personne unie, (même s'il indique que le "Je" et le "Jean" dans Noé ne sont pas forcément lui, Jean Giono). Auster dédouble davantage soi-même, s'identifie en pensée avec ses personnages et ainsi décrit comment les personnages se dissipent l'un après l'autre pour restaurer à la fin son identité d'auteur et l'identité de l'écrit qui existe en dehors de lui et disparaît du dedans de lui. Finalement je trouve Auster dans cette trilogie plus "austère" que Giono, dont la lecture m'a donné plus de plaisir.

Note : 4/5
(Gallomaniac)

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