Club des rats de biblio-net


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Paul Auster

Moon Palace
(Actes Sud/Babel, 1993, 480 pages)

Le parcours initiatique de Marco Stanley Fogg, entre quête d'identité, errance et destin. De New York l'inhospitalière aux plaines de l'Ouest mythique, Fogg entreprend une étrange exploration qui le mène sur la voie d'une quête intérieure, puis sur les traces d'un passé qu'il croyait définitivement enterré.

Une grande partie des citations tirées des oeuvres de Paul Auster proviennent de ce roman. On comprend pourquoi à sa lecture, tant il est riche et profond mais aussi empreint d'une grande sensibilité (tout comme son dernier roman La nuit de l'oracle). M.S. Fogg est un anti-héros qui laisse le hasard gouverner sa vie, avec les dangers et les bonnes surprises qui découlent d'une telle attitude. Bizarrement, j'ai eu le sentiment que parfois on s'identifie justement très bien à lui, bien qu'a priori cela ne soit pas très tentant. Auster alterne très bien les séquences où Fogg "part en roue libre" et celles où il juge les choses et lui-même avec une grande lucidité.

A mon sens, Moon palace est plus qu'un roman d'apprentissage. Il est, en effet, truffé de petits bijoux qui touchent plus ou moins le lecteur selon son vécu mais qui ne peuvent laisser de marbre. D'où l'intérêt de la relecture que je viens d'en faire; bien que j'ai adoré ce livre dès la première fois, je me suis rendue compte, presque constamment, que beaucoup de phrases me parlaient beaucoup plus à 30 ans qu'à 17. De même, autant l'épisode décrivant la chute du héros, sa "clochardisation" m'avait paru un peu barbant la première fois, autant cette fois j'en ai apprécié la moindre phrase, la moindre idée. Comparativement, le dernier tiers qui m'avait tant plu (je gardais un souvenir de la fin absolument mythique!), m'a semblé plus conventionnel, du moins pour du Auster. Enfin, je me suis aperçue que la fin n'était pas du tout celle dont je me souvenais (je n'en reviens toujours pas).

En résumé, un roman à recommander définitivement, à lire à tout âge. Un des romans qu'il faut avoir lu dans sa vie, sous peine de passer à côté d'un must!

Note : 5/5
(Flo)
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C'est un livre qui m'a beaucoup touchée. C'est venu me chercher. Ce n'est pas triste mais tous ces hasards, ces coïncidences qui changent le cours de la vie, c'est dérangeant. Ça m'a rendu quelque peu mal à l'aise. Les personnages sont sublimes, en fait tout se passe en grande partie dans la tête des personnages.

Différent de la Trilogie new-yorkaise mais je sens un lien entre tous les personnages de Paul Auster.

Bref j'ai beaucoup aimé ce livre, peut-être mon préféré à date de Paul Auster.

citations:

"[...] le dedans et le dehors ne peuvent pas être séparés sans causer de grands dommages à la vérité."

"Marcher dans la foule signifie ne jamais aller plus vite que les autres, ne jamais traîner la jambe, ne jamais rien faire qui risque de déranger l'allure du flot humain."

"[...] j'ai compris que je ne vivrais pas éternellement. Il faut longtemps pour apprendre ça, mais, une fois qu'on le découvre, le changement intérieur est complet, on ne peut plus jamais redevenir tel qu'on était."

Note : 4.5/5
(Mousseline)
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Je n'ai pas vraiment aimé. En fait, j'ai aimé certaines choses mais détesté d'autres.

L'histoire ne m'a pas du tout enlevée. Les chapitres avec le grand-père du personnage principal, je les ai lu comme une grosse parenthèse. J'étais d'ailleurs très déçue d'apprendre que c'était le grand-père du personnage. La coïncidence est trop énorme, ça m'a beaucoup dérangée. J'ai comme décroché encore plus à partir de là.

Un moment donné j'avais l'impression que l'auteur nous servait une histoire plate dans le but d'écrire des belles phrases de temps en temps. J'aurais apprécié un "recueil de belles phrases qui font réfléchir" encore plus que lire Moon Palace. Paul Auster écrit de très belles phrases. Un brin philosophe notre ami :)

Je cite quelques phrases qui m'ont fait vraiment tripper:

"Que vois-tu? Et si tu le vois, comment l'exprimer en parole? L'univers pénètre en nous par les yeux, mais nous n'y comprenons rien tant qu'il n'est pas descendu dans notre bouche."

"Il découvrit que le vrai but de l'art n'était pas de créer de beaux objets. C'était une méthode de réflexion, un moyen d'appréhender l'univers et d'y trouver sa place..."

Un autre point fort: Les personnages. Paul Auster peint de beaux personnages. De vrais personnalités à part entière. Des gens avec des qualités et des défauts mais des gens qu'on aime apprendre à connaître.

J'ai aimé le chapitre où le personnage se retrouve itinérant. Je n'ai pas du tout aimé la fin du roman. Je suis persuadée que ce personnage finirait par se suicider si le livre continuait. Il est toujours devant une impasse et ça m'énerve beaucoup. À la fin, il a encore tout perdu mais est TELLEMENT heureux. Pfff!

Les coïncidences sont trop énormes. C'est plus dérangeant à la fin. Au début du roman ça m'amusait beaucoup, mais un moment donné il s'est comme laissé emporter et je n'ai pas suivi...

Note : 2.8/5
(Pico)
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Le récit raconte d'abord l'histoire de la solitude de Marco, un étudiant universitaire élevé par son oncle, n'ayant qu'un seul ami. Cette solitude se fait progressivement et nous entrons peu à peu dans sa logique. Ce roman m'a d'ailleurs fait prendre conscience de la logique de la solitude, une logique qui fait que l'on se laisse pratiquement crever, sans demander d'aide, sans tentative de reprendre contact avec le monde extérieur.

Écorché par une solitude qui l'a presque tué, Marco fait ensuite la rencontre de son grand-père puis de son père. Cette rencontre intergénérationnelle est le fruit du hasard: banale et extraordinaire à la fois.

Contrairement aux autres romans d'Auster, la narration de Moon Palace m'a semblée simple et fluide. Pourtant, le récit n'était pas moins complexe.

Aussi, on dit souvent que ce roman ressemble à la Trilogie new-yorkaise. J'ai plutôt l'impression qu'il se rapproche du Livre des illusions et ce, tant par les rencontres fortuites des personnages, que par la narration et la dissection de la thématique de la solitude.

Note : 5/5
(Lafillasse)
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Fogg, le personnage principal dans ce roman est l'un des héros les plus désenchanté qu'il m'a été donné de voir. Tout en lui exprime une grande lassitude, un besoin de changer d'air constant et un détachement de tous ceux qui tentent de s'approcher de lui. L'ennui que lui inspire sa vie est palpable chez ce jeune homme.

Moon Palace est une livre qui m'a fait découvrir l'une des vies les plus tourmentées du paysage littéraire. Pourtant il est aisé de se sentir proche de ce jeune garçon attachant mais également de ses amis qui entrent dans le roman aussi brutalement qu'ils en ressortent.

Paul Auster rend l'atmosphère intéressante en posant l'oeil du héros complice et bienveillant sur sa destinée et le suit pas à pas. Ce livre m'a marquée, cisaillée de l'intérieur. Un voyage ludique et plein d'émotions délicates. Un voyage où le lecteur ne sait jamais si cet étudiant américain des années cinquante va se trouver ou se perdre.

L'auteur décrit avec brio les péripéties de la vie de Fogg. La force affective et symbolique des événements mentionnés est en lieu et place du sens.

Un livre passionnant en définitive pour tous les hasards qui jaillonnent la vie de Fogg et le font basculer dans un fossé bien plus accueillant pour ce doux rêveur, que la dangereuse route où se débattent les fous du volant.

L'écriture, dans une sorte de mouvement constant vous empêchent de quitter le fil d'ariane d'une histoire subtile, superbe et envoûtante. Les mots qu'il faut pour le dire Auster les a trouvés. C'est une chanson mélancolique et radieuse qui vous épuise et vous remplit de joie.

Je le conseille à tous ceux qui aiment lire, ceux qui se sentent seuls, ceux qui rêvent de découvrir par les mots l'Amérique.

Note : 4.5/5
(Sereine)
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Bon j'ai lu Moon Palace et je n'ai pas aimé. J'ai tenu jusqu'à la page 156 quand même! Puis j'ai terminé en survolant de très loin. Ça se lit très bien, les mots sont simples, les évènements très bien expliqués, les sentiments rendus etc... Mais impossible de m'intéresser à l'histoire. Ce grand nigaud qui se laisse mourir de faim et d'inaction, ce tout mou qui décide.... de ne rien faire... qui accepte une déchéance sans la vouloir mais tout en la voulant. Enfin bref, ce n'est pas pour moi c'est tout.

Je vais quand même tenter Le livre des illusions, histoire de voir car je me sens à côté de la plaque quand je lis l'amour inconditionnel de Mousseline.

Note : 2/5
(Cuné)
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Le récit est plusieurs fois circulaire : le fils, son grand-père et son père qui ne se connaissent pas d'abord, vivent des situations plus ou moins parallèles; les mêmes scènes reviennent dans le vécu, dans la peinture ou dans l'écrit. Ce processus de dédoublement de l'auteur et de l'écrit n'est ici pas encore le pivot principal, comme cela est dans la trilogie New-Yorkaise; ici l'accent est sur la répétition du dualisme père-fils.

Paul Auster a un style fluide, à première vue un peu sec et intellectuel, ceci vient probablement de ce qu'il décrit davantage des sentiments et pas tellement des sensations. Une lecture qui prend bien, mais le récit devient à la longue moins convainquant. Le traducteur a eu un choix difficile pour le mot moon : tantôt traduit, tantôt laisser en anglais.

Note : 4/5
(Gallomaniac)







L'invention de la solitude,
Trilogie New-Yorkaise,
Cité de verre,
Revenants,
La chambre dérobée,
Le voyage d'Anna Blume,
Moon Palace,
La musique du hasard,
L'art de la faim,
Léviathan,
Le carnet rouge,
Mr Vertigo,
Le diable par la queue suivi de Pourquoi écrire?,
Tombouctou,
Le livre des illusions,
La nuit de l'oracle,
Brooklyn Follies,
Dans le scriptorium,
Disparitions
Espaces Blancs,

Cité de verre
(la bande dessinée),
Le New York de Paul Auster

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