Faire surface
(Serpent à plumes, 2000, 325 pages)
Une jeune femme entame une expédition en forêt, à la recherche
de son père dont elle n'a plus de nouvelles. Son compagnon et un couple
d'amis sont du voyage. Au fur et à mesure de la cohabitation, le vernis se
fendille, les vrais visages apparaissent et la solidarité vacille. La nature
fait le reste, tendre et cruelle, mystérieuse et dangereuse. Tout comme
l'homme, par rapport à elle mais aussi avec lui-même.
J'ai été frappée par la violence qui se dégage des
images, en apparence douces, décrites par Margaret Atwood. Il y a la nature
mais aussi une fragilité humaine que l'auteur met en pièces. Ses
personnages peuvent paraître forts, ils sont vulnérables et je trouve
que Margaret Atwood fait passer très justement ce sentiment de "tout ne
tient qu'à un fil", cette idée que d'un moment à l'autre, un
destin peut basculer pour un rien. A cause des mensonges que l'on raconte aux
autres et à soi-même. A cause de notre chasse aux certitudes et aux
garanties d'une vie sans soucis.
Confrontés aux obstacles, la véritable nature humaine se
réveille et ce n'est guère glorieux. Margaret Atwood lance un regard
sans concessions sur nos travers, c'est assez machiavélique et j'ai
aimé cette façon de faire, de tout analyser dans le détail.
note: 3,5/5
(Sahkti)
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