Fondation et Empire
(Pocket, 2000, 270 pages)
Ce bouquin s'adresse aux fans, c'est évident. Qui se rendrait au
quatrième volume s'il n'aimait pas ça. On ne peut pas
commencer la lecture avec ce bouquin, comme on pourrait le faire avec
Fondation, Prélude à fondation ou même avec Aube à
Fondation. Il entre déjà dans le connu, le complexe de la
fondation et la chute de l'Empire galactique.
Le premier tiers du livre est très politique, plus difficile à
lire. Guerre dans la galaxie, mouvement de révolte, tentative de
défense des mondes indépendants marchands contre l'invasion
du Mulet. Les deux autres tiers sont plus centrés sur des
personnages particuliers déterminant dans la reconstruction de
l'Empire galactique, en tout cas, je le présume d'après la
fin du bouquin. J'ai préféré les deux derniers tiers.
Avec ce roman on sait que l'empire est foutu. Trantor, la planète
qui abritait l'Empereur de la galaxie, avec ses 40 milliards de population
et dont 25 mondes agricoles assuraient la survie, n'est plus qu'une planète
fantôme, avec ses 100 millions d'habitants qui vendent les structures de
métal de l'ancien Trantor pour faire de l'agriculture et assurer
leur subsistance.
Je vous transcris ici un petit bout de l'imagination d'Asimov et de sa façon de voir
l'Univers.
"C'était un monde-ruban, et un des rares à être habité.
Un monde, autrement dit, où les deux faces affrontent constamment
une chaleur ou un froid extrême, tandis que la région où
la vie est possible se situe sur l'étroit ruban de la zone
crépusculaire.
Un tel monde semble toujours peu accueillant à ceux qui ne l'ont pas
expérimenté, mais il existe des endroits,
stratégiquement disposés, où fleurit la vie, et la
ville de Radole était justement bâtie à l'un de ses endroits.
Elle s'étendait sur les douces pentes des collines, avant les
montagnes déchiquetées qui bordaient l'hémisphère
froid et arrêtaient la redoutable glace. L'air sec et chaud de la
moitié ensoleillée se répandait jusque-là et
l'on faisait venir l'eau des montagnes: entre les deux, Radole était
un perpétuel jardin, baignant dans l'éternel matin d'un
éternel mois de juin."
Note : 4.2/5
(Pico)
**********
Sheldon a prédit la chute de l'Empire, suivi de 30 000 ans de
barbarisme et de noirceur. Ou 1000 ans, grâce à la Fondation,
établie sur la planète Terminus, à l'autre bout de la Galaxie.
Au cours des 300 premières années, Fondation a affronté
quelques crises, que Sheldon avaient toutes prévues grâce
à la psychohistoire: cette science mathématique qui
prédit le futur. Aujourd'hui, la crise est grave: Un homme,
un mutant, le Mulet, s'empare des pièces de l'ancien empire.
Même Fondation tombe, chose qu'on croyait impossible. Shedlon se
serait trompé? Le Mulet va-t-il réussir à rétablir
un empire après seulement 300 ans? Mais qui est cet homme? Comment
fait-il pour accéder au pouvoir aussi facilement?
À la fin, le rideau tombe: cette crise aussi était prévue...
l'important n'était pas Fondation, mais la seconde fondation,
établie en un lieu inconnu. À suivre au prochain épisode!
J'adore Asimov. Ses personnages ne nous accompagnent qu'un temps, mais il a
le don de les rendre particulièrement vivants. Et puis sa
façon de se jouer de nous un peu... j'ai été ravie
d'apprendre qui était (le nom m'échappe) l'aide du roi dans
Prélude à Fondation, comme j'ai été ravie de
découvrir qui était le Mulet.
Note : 4.5/5
(SarahEmily)
**********
Dans ce livre, les personnages manquent de charisme et ils n'ont pas la même force
et la même inventivité qu'avaient Seldon, Salvor Hardin et dans un
moindre degré Mallow. Même les scènes de manipulation ont
perdu de leur intensité. Le seul personnage vraiment excitant dans la
première partie, Bel Riose, se trouve au-delà de la Fondation. Il
est déterminé, dangereux et prêt à tout. J'avais presque
envie qu'il gagne contre la Fondation mais le plan de Seldon s'est
réalisé.
La deuxième partie à propos de la Mule est plus intéressante.
La Mule est intrigante et sa menace reste palpable tout au long de cette partie.
Si Asimov m'a bluffé dans le premier livre, j'ai cependant réussi
à deviner qui était la Mule et quel était le rôle du
clown dans l'histoire. Par contre, Bayta m'a impressionnée à la fin
avec son tempérament.
Note : 4.9/5
(cmia11)
**********
Dans ce second volet de la trilogie, la fondation demeure encore aux prises avec
différentes crises au cours des années. Seulement, voilà
qu'après ces mises à l'épreuve dont le cours des choses
était prédit par la psychohistoire, l'avènement d'un nouveau
conquérant change la donne. Inexplicablement, il gagne du terrain sans
grandes difficultés et la puissance grandissante de l'homme, surnommé
le Mulet, menace de plus en plus la fondation.
J'ai trouvé ce roman un peu à l'envers du premier volet. Ce qui
faisait défaut dans le premier est réglé dans le second, mais
l'inverse est aussi vrai. En clair, le ton est donné dans l'écriture
d'Asimov, plus profonde et un peu plus complexe. Les personnages sont mieux
définis et son univers est plus imagé. On s'approche davantage d'un
"roman traditionnel" où les personnages prennent l'avant-plan du
récit alors que dans le premier, c'est l'Évolution avec un grand E
qui prenait son importance (dans le sens de l'évolution d'une
société de par son cheminement logique). Les personnages
n'étaient que l'instrument d'une réflexion plus intéressante,
plus large.
Malheureusement, Asimov utilise une recette similaire du premier, soit des bonds de
plusieurs années en avant, mais cette fois, ça m'a causé
problème. Étant donné l'immersion plus grande dans le
vécu des personnages, une cassure donne maintenant l'impression que le livre
n'en est plus un, mais deux, et en rend donc pas service à l'Évolution.
Attention, un élément important de l'histoire est livré ici.
(La cassure, en dehors du fait qu'elle m'a déstabilisé dans la suite
de l'histoire, apporte un élément nouveau qui a relancé mon
intérêt : l'échec des prédictions infaillibles de la
psychohistoire. Avant, on ne se demandait pas si la fondation réussirait
à vaincre les crises, mais bien de quelle manière elle le ferait.
Tout était prédestiné à réussir et pour le
lecteur, cela enlève une partie de l'intérêt sur le plan de
l'intrigue, à strictement parler. La deuxième partie de "Fondation et
empire" corrige ce problème et on peut enfin se demander comment les
personnages réussiront (ou non) à vaincre les obstacles.)
Fin de la parenthèse
Dans l'ensemble, je demeure mitigé quant à mon appréciation
de l'oeuvre. L'omniprésence et l'omnipotence du Mulet m'ont agacé.
Ça m'a donné l'impression qu'Asimov glissait sur le cliché du
méchant, invincible de manière douteuse et tirée par les
cheveux. J'aurais préféré une fin différente, quoique
tout à fait surprenante et logique avec l'omnipotence du Mulet. Une lecture
tout de même haletante, encore davantage que le premier.
Note : 3/5
(Calepin)
|