Avant la nuit
(Actes Sud/Babel, 2000, 448 pages)
Avant la nuit c'est l'histoire d'un homme qui est né, a grandi, a vécu
dans un pays soumis à la dictature, soit Cuba. C'est un récit autobiographique,
celui d'un écrivain qui a été persécuté parce que les
dictateurs n'aiment pas les écrivains, celui aussi d'un homme dont l'orientation
sexuelle n'était pas tolérée.
Reinaldo Arenas raconte tout, sans se gêner. Il raconte très bien,
avec beaucoup d'émotions et de sensibilité, et son histoire est très
très prenante. Ayez un crayon à la portée de la main car il y a
plein d'extraits à souligner.
Il n'est certes pas le premier à avoir raconté sa vie mais ici c'est Cuba et
Fidel Castro, c'est centré sur les persécutions que subissent les artistes mais
surtout les écrivains. Et ça, ça ne peut que toucher très
profondément les lecteurs que nous sommes. En tout cas, moi c'est venu me chercher
jusqu'au fond du coeur. Il a dit quelque chose qui a retenu mon attention, je ne retrouve plus
l'extrait mais ça dit à peu près ceci: La dictature
détruit à coup sûr la littérature d'un pays, il y a les auteurs qui
verront leurs oeuvres éliminées et les autres qui adhéreront à
l'idéologie du pouvoir pour sauver leur peau.
Je suis encore très bouleversée par la lecture de ce livre et je ne sais pas trop
quoi dire de plus sinon que: lisez-le! En voici un court extrait:
"J'ai toujours pensé que les écrivains, il vaut mieux les lire et les connaître
de loin, surtout pas personnellement, car on va au-devant de terribles désillusions."
Note : 5/5
(Mousseline)
p.s. L'histoire de Reinaldo Arenas est l'histoire encore aujourd'hui de bien des
auteurs. Plus de 35 pays détiennent des prisonniers d'opinion, la liberté
d'expression est inexistante dans 20 nations à travers le monde. Cuba arrive
en tête de liste parmi ces pays.
Voir ce site: http://www.amnistie.qc.ca/index.htm
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Avant la nuit, c'est le témoignage vibrant de Reinaldo Arenas, écrivain qui a
vécu à Cuba dans ce pays où règne la dictature,
l'intolérance et la discrimination. Après avoir été condamné
par le régime castriste, il réussit à s'exiler de ce pays qui, ironiquement, lui manquera toujours...
Dès les premières pages, j'ai été captivée par ce
récit troublant. Reinaldo Arenas nous livre sa vie avec passion et sans pudeur. Il
dénonce ouvertement les persécutions infligées aux écrivains, aux
homosexuels. Cette dure réalité m'a touchée énormément.
Même exilé et libre, Reinaldo Arenas a continué à souffrir et n'a
jamais pu trouver la paix, c'est désolant! Sa lettre d'adieu m'a attristée
profondément bien qu'elle laisse une note d'espoir.
Reinaldo Arenas a une plume superbe, puissante et dotée d'une telle sensibilité!
Je me suis surprise à relire certains passages tellement ils étaient beaux. En
voici un court extrait:
"Maintenant, je vois l'histoire politique de mon pays comme le fleuve de mon enfance qui
charriait tout sur son passage dans un fracas assourdissant; ce fleuve aux eaux troubles nous a
tous anéantis lentement, les uns après les autres."
Un livre dur, bouleversant que je ne suis pas prête d'oublier!
Note : 5/5
(Cocotte)
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Reinaldo Arenas est l'un des auteurs cubains les plus connus. Son parcours de dissident; de par
son anticommunisme, son activisme intellectuel contre le régime castriste et son
homosexualité débridée; et sa vie l'ont rendu célèbre. Il
est surtout très ancré dans la culture littéraire américaine,
là où il a mis fin à ses jours, victime du sida, et française,
là où il a eu les plus importants soutiens intellectuels de la part
d'éditeurs et de journaux (La lettre diffusée dans le Figaro).
Avant la nuit est son autobiographie. On pourrait dire qu'il raconte sa vie en suivant le précepte de
Rainer Maria Rilke dans «Lettres à un jeune poète»: la poésie doit
naître des détails du quotidien et non des topos et des grandes conceptions
universelles. Bien sûr ces notions ne peuvent vraisemblablement être absentes mais
elles sont chantées d'une façon rare et délicate, parfois scabreuses, parfois
naïves, parfois désespérées. Tout dans le roman de Arenas est
orienté vers le minuscule, vers des événements tellement dérisoires
qu'ils en deviennent passionnants. Il écrit ce que les hommes n'osent pas écrire
de peur d'ennuyer. Les faits d'arme d'un gamin de quinze ans qui quitte la ferme pour rejoindre
la guérilla castriste alors que Batista est encore au pouvoir, la relation
privilégiée à la terre cruelle et dévastatrice mais aussi
nourricière, la découverte de son homosexualité d'abord refoulée.
Les chapitres se succèdent selon une organisation
plutôt échevelée. Parfois liens chronologiques, puis thématiques,
galeries de personnages, bref, rien de très précis. Cependant les chapitres
liés à la sexualité, l'érotisme et l'art de vivre homosexuel sont
clairsemés pour ne pas distordre le sens de son existence. Il dit avec une grande
lucidité que sa sexualité débridée a été en partie
une des conséquences de toute dictature qui réprime: l'envie de braver l'interdit
décuple le plaisir et l'interdit devient le meilleur moyen de protestation, de lutte
contre le pouvoir en place.
La galerie de portraits est aussi très belle. Arenas parle de ces écrivains au
destin avorté: Lezama et Vinera qu'il admirait et qui sont morts dans l'oubli
intégral. Guillèn et Fuentes qui succomberont à la main tendue par le
pouvoir. Ils ont accepté un billet vers la mort déréalisée. Et
surtout Padilla, dont le procès est retranscrit. Un procès d'une horreur
insupportable.
Tout l'épisode sur le passage en prison est magnifique. On sourit, avec quand même
une certaine âpreté sur les lèvres, lorsque Arenas nous parle des lettres
d'amour qu'il écrit pour les autres détenus, analphabètes pour la plupart,
qui veulent renouer avec leur femme, on est sur le point de pleurer lorsqu'il nous parle du
mitard, cet endroit infect où pullulent les cafards et où Arenas ne peut que se
prendre à devenir fou, le seul endroit semble-t-il où même l'imagination ne
sert plus à rien, on devient complice quand il fait mine de vouloir chanter le pouvoir
et lutter contre les contre-révolutionnaires et les homosexuels. Arenas devient alors un
sorcier. Il parvient à nous mettre en prison.
Arenas a lutté toute sa vie pour pouvoir être, pour pouvoir écrire
librement et sans censure ni étranglement, pour avoir le droit de dire ce qu'il en
était réellement du régime castriste.
Son île lui manquera dès son arrivée aux États-Unis.
Et le livre s'achève sur l'ultime lettre laissée par Arenas, ses derniers mots
d'espoir et de soutien aux siens.
Note : 4/5
(Izobretenik)
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J'ai un peu de mal à parler de ce livre. Globalement je l'ai
beaucoup aimé mais essentiellement pour l'aspect qui
m'intéressait initialement, à savoir le témoignage d'un
cubain sur la dictature castriste. Les (longs) passages sur
l'homosexualité m'ont barbé au-delà de tout (je ne parle
même pas de ses expériences de jeunesse avec les animaux). De
même, j'ai trouvé l'écriture très inégale:
par moment, on y trouve de très belles tournures mais la plupart du
temps c'est un peu le service minimum. Enfin, pour moi, ce n'est pas un
livre que l'on lit pour la beauté du style (ce n'était
peut-être pas l'objectif d'Arenas d'ailleurs).
Pour en revenir à la vie sous Castro, je n'ai pas appris grand chose
car j'en savais déjà pas mal sur la question mais ce
témoignage me semble être un must pour tous ceux qui n'ont pas
une idée claire des choses et s'imagine que la vie est difficile,
alors qu'elle est un enfer, en particulier en termes de liberté
d'expression. La sincérité désarmante de l'auteur donne
beaucoup de puissance à ses propos; il ne se censure pas du tout et
enfonce le clou à la moindre occasion. Son refus des concessions m'a
bluffé. Sa présentation du milieu littéraire est
très intéressante, tout comme la perversion qu'engendre un
régime totalitaire dans les rapports humains. Pour tous ceux qui
s'intéressent à Cuba, il me semble que c'est un
témoignage à lire et l'on doit garder en tête qu'Arenas
ne parle pas, hélas, d'une époque révolue...
Et comme Izo, j'ai noté la remarque sur Garcia Marquez, auteur
totalement discrédité à mes yeux désormais...
Note : 4/5
(Flo)
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Ha!!! Mes ami(es) qu'est-ce que j'ai aimé ce livre.
Même pas choquée par les débordements de l'auteur car
je me suis très vite rendue compte que c'était pour lui une
sorte de révolte. Je me suis trouvée avec lui en prison, j'ai
tremblé avec lui et me suis révoltée aussi, mais pas de
la même façon. Et quand il parle de sa grand-mère j'en ai eu
les larmes aux yeux. Une pauvre vie que cet homme a eue, ce qui m'a
incitée à rechercher de la documentation sur certains
personnages du livre et franchement cela m'a impressionnée, ben oui!
que voulez-vous je suis très émotive.
Bref ce livre est rempli de souffrances, de tendresse, d'amitié,
d'amour et de beaucoup de violence. Mais malgré tout ce que
qu'il a subi, Reinaldo garde l'espoir qu'un jour son peuple deviendra
libre et heureux.
(Lalyre)
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