Prochain épisode
(BQ/édition critique, 1995, 287 pages)
Voilà un livre que je voulais lire depuis très longtemps et je ne suis pas déçue,
au contraire mon appréciation est bien au-delà de ce à quoi je m'attendais.
Deux histoires en parallèle. D'une part un homme est enfermé dans une prison de
Montréal pour avoir pris part aux activités révolutionnaires d'un
mouvement de la libération du Québec dans les années soixante. D'autre part cet
homme écrit un livre, la vie (sa vie) d'un révolutionnaire
québécois en Suisse chargé d'abattre un espion, lequel
est de mèche avec la GRC contre les mouvements de la libération
du Québec.
Malgré le résumé ne vous y trompez pas ce n'est pas un thriller.
C'est l'histoire d'un homme qui nous parle de ses doutes, de ses faiblesses,
de ses incertitudes. Un homme qui sans cesse se questionne sur la politique.
Un homme déçu par son pays, qui n'a probablement jamais
su s'adapter à la vie telle qu'elle est. Une histoire qui nous hante
longtemps, difficile d'arrêter de penser à ce personnage, à cet homme qui
ressemble sans aucun doute à Hubert Aquin.
Hubert Aquin a une écriture très cultivée, en fait si je n'avais lu
l'édition critique bien des choses m'auraient échappé, plusieurs
expressions font références à des oeuvres
littéraires mais pour le savoir faut justement lire l'édition critique ou
être drôlement calé en littérature. C'est probablement plus long de
lire les nombreux renvois que le roman en lui-même
mais ça vaut vraiment la peine tellement c'est enrichissant, autant pour le contexte
historique et littéraire que pour connaître l'auteur. Aussi l'écriture de
Aquin est poétique, on a droit à des envolées tout à fait savoureuses.
Sans compter tout ce que nous offre de plus cette édition. Au début de livre, on
présente la genèse de l'oeuvre, tout ce qui a amené Aquin a écrire
ce livre et par après on le suit pendant la rédaction. Absolument fascinant, Hubert Aquin est un homme hors du commun, un homme qui
a dirigé un mouvement de révolution, qui toute sa vie a parlé de suicide et
a fini par passer à l'acte malheureusement. A la fin on retrouve entre autres, la liste
des modifications apportées par l'éditeur français, Robert Laffont, par
rapport à l'édition québécoise, amusant!
C'est une oeuvre intellectuelle, pas si difficile (et ça quand on lit l'édition
critique de BQ) mais qui demande une bonne concentration et qui raviera surtout les
passionnés de "grande littérature". Pour ma part j'ai aimé
éperduement, "c'est ça lire..."
Note : 5/5
(Mousseline)
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Ce livre fut nommé meilleur roman canadien. Moi je l'ai trouvé d'un ennui mortel
et d'une complication qui explique assez bien pourquoi Aquin connut la fin tragique qui est la
sienne. Je l'ai fini difficilement.
Note : 3/5
(Denis, 54 ans, Rimouski)
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