Le voyageur sans bagage
(Gallimard/folio, 1972, 218 pages)
Dans Incendies de Wadji Mouawad, Simon et Jeanne cherchent à connaître
leurs origines. C'est aussi le cas du personnage appelé "Gaston" dans Le voyageur
sans bagage de Jean Anouilh. En effet, à la fin de la première guerre
mondiale, Gaston a été découvert dans une gare de triage, ne se souvenant
plus de rien. Il a été placé dans un asile psychiatrique dans lequel le
directeur, le docteur Bonfant, l'emploie comme jardinier et aussi homme à tout faire.
Quand ce directeur prend sa retraite, son successeur est le docteur Albert Jiberlin. Ce dernier
suit de plus près ses malades et cherche à tout prix à stimuler leur
mémoire. Sa tante, la Duchesse Dupont-Dufort, organise même des rencontres avec
des familles qui pensent reconnaître les patients amnésiques. La famille Renaud en
fait partie. Mais quand Gaston, qui en fait serait "Jacques", entend le portrait peu
élogieux dont on fait de lui: un enfant violent, un jeune homme coureur de jupons et
sans respect pour sa mère, son frère et sa belle-soeur, etc, il
préfère dire qu'il n'a aucun rapport avec les Renaud même si la
précision d'une petite cicatrice sous l'omoplate gauche le laisse perplexe. Peut-on
choisir "sa famille", "son passé"? Est-ce que l'on peut faire table rase des événements
gênants de sa vie antérieure et repartir sur de nouvelles bases si, à la
suite de on ne sait trop quoi, sa personnalité a changé?
Cette pièce date de 1937. Elle ne paraît pas démodée. C'est en
quelque sorte une nouvelle version de Docteur Jekyll et Mister Hyde sauf que c'est
le côté satanique d'un individu que l'on veut supprimer. Gaston veut
s'offrir une "nouvelle jeunesse".
Note : 5/5
(Bernie)
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