Ma belle pitoune en or
(Éd. Stanké, 1993, 269 p.)
Sujet : infidélité et obésité
Cette auteure a l'art de traiter un sujet grave avec un ton qui dénoue le drame qui
couve sous les cendres. Cette fois-ci, elle aborde l'infidélité d'un
médecin de Joliette qui trompe sa femme obèse avec la soeur de cette dernière. On voit
tout de suite le drame de cette belle écoeuranterie. On peut penser à la
séparation ipso facto. Mais non. La situation qui n'est pas déjà rose se
double de l'implication involontaire du mari dans une sale affaire de drogue parce qu'il a
prescrit à une belle patiente des psychotropes qui serviront à toute autre fin
que celle prévue.
L'auteur mène avec brio les deux volets de son roman: cette
infidélité et les démêlés du médecin avec le monde
des «pushers». L'auteure s'est fait une spécialité du roman à multiples
facettes. Dans celui-ci, elle ratisse large. Ce peut être un roman familial, un roman
sur le couple, un roman sur les soins de santé, un roman sur les drogues, un roman
policier, un roman sur l'obésité. Mettez-en. Elle passe en revue tout ce qui
peut remplir une vie. Francine Allard le fait sans mêler les cartes. Tout se tient comme
un bloc de ciment. Malgré les
problèmes auxquels sont acculés les personnages, on lit ce roman avec le sourire
aux lèvres. La femme obèse du médecin a un sens de la dérision qui
lui permet de ne pas sombrer dans la dépression. C'est son mari qui connaîtra les
affres du gouffre dans lequel il s'est glissé. Ce n'est pas un vilain diable. Disons
que c'est un faible. Que fera sa femme? Il y a une chance que vous n'épousiez pas son
point de vue.
L'écriture est pétillante et joyeuse. Un vrai petit délice
d'humour.
En discutant avec l'auteure au Salon du livre, elle m'a dit que, de ses oeuvres, elle
préférait «La Couleuvre».
Note : 4/5
(Polo)
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