Club des rats de biblio-net


9467 critiques, 3612 livres, 1451 auteurs



David Adams Richards
La malédiction Henderson
(Serpent à plumes, 2003, 414 pages)

L'histoire: La famille Henderson vit dans un petit village près de Chatham au Nouveau-Brunswick. Ils sont pauvres et ils subissent les moqueries et les méchancetés de tous. Le père, Sydney, est bon jusqu'à en être bonasse, on aurait envie de le secouer. Le fils aîné Lyle, né en 1970, décide qu'il ne sera jamais un perdant comme son père. Bref c'est l'histoire de cette famille, des gens du village et différents évènements nous entraînent dans leur sillage.

L'auteur décrit tellement bien la méchanceté de l'homme que je me suis sentie mal à l'aise tout au long de ma lecture. Les personnages sont soient trop tordus soient trop mous. Et c'est une histoire très triste qui m'a fait vivre un paquet d'émotions négatives, c'est presque intolérable au point que je ne peux pas dire que j'ai eu du plaisir à lire ce bouquin.

J'ai envie de noter ce livre 0 parce que ça m'a fait mal. Mais j'ai envie de lui donner une note parfaite parce que David Richards Adams a su aller au fond des choses, au fond des êtres, à nous faire croire à son histoire, à nous faire vivre dans ce village. C'est grand, ça va loin.

En tout cas je vous le recommande très fortement, ça claque fort oui mais c'est un grand roman! C'est un gros pavé mais il se dévore rapidement tellement c'est prenant, l'auteur ne nous laisse pas une minute de répit. Je serai la première à lire le prochain roman de David Adams Richards!

Note : 4.25/5
(Mousseline)

p.s. La traduction est impeccable, au Québec il est publié aux éditions Pleine Lune, une maison d'édition qui a traduit et fait connaître plusieurs auteurs canadiens anglophones dont entre autres Alistair MacLeod. En France, il est publié aux éditions Le Serpent à plumes mais je ne sais pas si c'est le même traducteur.

**********

Voilà j'ai fini La malédiction Henderson et j'ai la nausée. Vraiment. Physiquement. C'est un livre. C'est un gros coup de poing dans la gueule. Y'a pas d'autres mots.

Cette histoire vous happe, vous tourmente, vous afflige, vous remue tripes et boyaux. David Adams Richards (c'est Richards son nom de famille, non?) a une plume terrible. Ses mots résonnent, on passe au travers des personnages et de l'histoire même, je ne sais pas comment dire, c'est impossible de le lire en gardant ses distances. Tout comme Mousseline, je ne peux pas dire que j'ai AIME ce livre. Je le déteste! Mais je rends hommage à l'écrivain, je n'ai jamais, jamais rencontré un tel choc en lecture.

En même temps c'est plein de poésie, de littérature. Le chapitre 13, du livre Amour, m'a fait pleurer à grosses larmes. Et ça m'a fait du bien! J'avais une boule depuis trop longtemps depuis le début. Ça soulage. Ce n'est pas du misérabilisme, c'est la misère même, crasse, matérielle et intellectuelle, la méchanceté roublarde et cupide, le rejet de la différence, le pouvoir, la dissimulation... Eurk. Et aussi il y a une trame littéraire forte, le livre décomposé en six parties, avec quatre parties au titre biblique, des points obscurs qui se dénouent à la toute fin, c'est très riche!

Deux petits passages:

"...Il était surpris qu'un homme instruit le soit (condescendant). Il avait été assez naïf pour présumer que les gens instruits avaient éradiqués tous leurs préjugés et ne prenaient jamais plaisir à blesser les autres. Il croyait, en fait, qu'ils avaient atteint sans difficulté l'objectif qu'il s'efforçait, en se débattant de toutes ses forces, d'atteindre lui-même. Il ignorait que les autres, instruits ou non, ne considéraient souvent même pas comme objectif celui qu'il estimait, lui, le seul valable, le seul vers lequel un homme devait s'efforcer de tendre...."

" ...Parce que c'est tout ce que nous voulons tous, mademoiselle Whyne... Pas la révolution ou les théories dogmatiques, juste la gentillesse..."

C'est d'une force incroyable, ça ouvre plein de fenêtres de réflexion. C'est le deuxième livre cette année qui m'enflamme complètement. Histoire de Pi, très différemment. Mais pour moi c'est aussi bon. Lisez-le! parlez-en!

Note : 5/5
(Cuné)
**********

Ouf!!! Quel beau roman. J'y pense encore. C'est un livre très facile à lire. Il y a le début où je me suis perdue un peu dans les personnages mais après, c'est redevenu correct. La famille Henderson est tellement attachante comparée à ceux qui les rabaissent.

Note : 4.5/5
(Petitelune)
**********

La famille Henderson vit dans un village du Nouveau-Brunswick. Sidney tente de subvenir aux besoins de sa famille qui deviendra la risée de tout le village. Malgré ce mépris et les malheurs qui accablent sa famille, Sidney refuse d'utiliser la violence pour se défendre et jure de ne pas faire de mal aux autres. Lyle, son fils, refuse cette malédiction et ne partage pas la vision de son père.

Cette saga est un véritable roman coup de poing qui ne laisse pas indifférent. Toute cette misère, cette méchanceté, cette vie de malheur m'a fait vivre plein d'émotions. J'étais choquée envers ces gens qui méprisent, exploitent une famille qui ne demande qu'à vivre en paix, mais aussi envers Sidney qui ne se défend pas et se laisse manipuler. Ce roman est un véritable dilemme entre l'acharnement à rester non-violent et l'utilisation de la violence. En refermant le livre, on ne sait pas ce qui est mieux au fond, ça porte à réflexion.

Les personnages sont tous intéressants, l'auteur décrit leur souffrance, leur désarroi de façon remarquable. L'ambiance est lourde, sombre, dérangeante, c'est loin d'être une lecture légère et agréable, mais c'est une lecture qui laisse des marques. Et à cause de ça, une note parfaite est pleinement méritée!

Note : 5/5
(Cocotte)
**********

Ce livre m'a complètement troublée! Le père qui refuse toutes formes de violence me laissait perplexe. Par moment je l'admirais, par moment j'aurais préféré qu'il s'affirme davantage. En voulant être bon à tout prix, il blesse les gens autour de lui... Comme Cocotte l'a fait remarquer, on ne sait plus ce qui est vraiment la bonne façon d'agir. C'est incroyable la méchanceté dont les gens font preuve envers cette famille qui au fond ne demande qu'à vivre leur vie.

L'auteur, nous fait ressentir chaque émotions vécues par ses personnages d'une façon troublante. À la fin du livre, j'étais complètement sous le choc! C'est la première fois que je lis un livre qui me fait sentir mal à l'aise...

Même si ce livre est troublant, il mérite d'être lu. Ne serait-ce que pour expérimenter la plume de cet auteur.

Note : 5/5
(suzanneecrivain)
**********

Il y a des livres qui mettent en colère. Colère contre la fourberie, le mensonge, la malveillance, la méchanceté, la violence... Comment imaginer que la vie puisse être un tel enfer? Il s'agit bien ici de malédiction...

Ce livre est de ceux que l'on ne peut lâcher, que l'on a envie en même temps de jeter à travers la pièce, mais aussi que l'on ne veut pas terminer trop vite... J'ai pensé à Tawni O'dell et "Le temps de la colère". Ces histoire d'enfances meurtries, de jeunes garçons en quête d'identité, de vérité, d'amour, prêts à tout pour cesser de souffrir, même à repousser leur famille et à enfouir au plus profond d'eux-mêmes leur loyauté et leur véritable personnalité. Quand le malheur s'acharne ainsi, que peut-on penser? en quoi peut-on encore croire?

Je sais que ce roman est une fiction, une histoire créée de toutes pièces par l'imaginaire de l'auteur. Toutefois j'ai la profonde conviction que quelque part dans le monde et dans le temps, quelqu'un pourrait dire "c'est mon histoire". C'est ce qui me fait le plus mal!

Merci Mousseline pour cette rencontre. Ce livre sera dans mon top 3.

Note : 5/5
(Odilette)








David Adams Richards est né à Newcastle, au Nouveau-Brunswick, en 1950. Il est l'auteur d'oeuvres de fiction, de pièces de théâtre, de scénarios de films et de poèmes. Diplômé de l'Université St. Thomas de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, il a été écrivain résident à diverses universités et collèges dans tout le Canada. Il a remporté de nombreux prix. Entre autres il a été deux fois lauréat du prix du Gouverneur général et a obtenu le prix Giller en 2001 pour la version originale de La Malédiction Henderson.




Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net