A l'ouest
(Pocket, 2002, 140 pages)
Marie a deux grands enfants, Antoine et Camille. Ils vivent ensemble, mais les uns
complètement isolés des autres. Leur vie est banale, quotidienne, et bizarremment
décalée de la normalité. Camille est asociale et triste, Antoine en rébellion contre tout, Marie à la recherche d'elle-même.
Avec une écriture très sobre et pleine d'images, de quotidienneté, Olivier
Adam nous fait toucher du doigt l'indicible, le coeur des gens.
C'est nostalgique, dérangeant, mais pas désespérant. On veut croire
à un possible...
Très joli texte!
Note : 4/5
(Cuné)
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Encore un coup de poing littéraire: ce roman d'Olivier Adam, A l'Ouest, nous
entraîne dans un univers intergalactique tant on plonge chez cette famille
désespérée, malheureuse et aux bras ballants. Les dés ont
été joués, ils ont perdu la partie et ne souhaitent pas remonter la pente.
Marie la mère, Antoine et Camille les enfants adolescents. Lui ne va plus à
l'école, il boit, fume, vomit et passe ses journées à dormir, marcher sans
but, et revoit la jeune vendeuse en boulangerie pour tenter de l'embarquer avec lui pour une
escapade sans retour. Camille est murée dans un silence glaçant, elle est
transparente, elle s'inquiète pour ceux qu'elle aime, pleure dans sa chambre et prie en
silence. Leur mère a décidé de prendre le large aussi. Tous trois sont des
désespérés de la vie, le désarroi leur colle à la peau, ils
ne sont pas pathétiques, ils inspirent une compassion, une volonté de les aider
et les comprendre. En vain. Tour à tour la vie les malmène et les chahute. On les
sait condamnés à l'avance: largués, paumés et inconsolables.
Cette lecture peut paraître déprimante, sauf qu'elle est merveilleusement servie
du style d'Olivier Adam: économie des mots, des sentiments, corps et coeur
désabusés, désarroi palpable et la lassitude d'être, de vivre qui se
répand telle une marée noire. Collante, visqueuse, assassine. A l'ouest est un
roman assez dur, assez grave. Il en ressort une certaine poésie mais, avant tout, une
mélancolie assez belle. Assez poignante.
Une très belle lecture.
Note : 3.5/5
(Clarabel)
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