A l'abri de rien
(L'Olivier, 2007, 218 pages)
Marie n'a pas eu une vie très heureuse. Elle vit dans le nord de la France,
près de ces plages grises, avec un ciel également tout gris au-dessus
de sa tête. Et sa vie aujourd'hui se résume à attendre que son
mari rentre du boulot, que ses enfants rentrent de l'école. Et Marie n'aime
pas cette vie là. Alors elle oublie les cours de tennis de son fils,
dépense l'argent qu'elle n'a pas. Et puis un jour, à l'occasion d'une
panne de voiture, elle rencontre des Kossovars et se met en tête de les
"sauver". Elle les aide, un peu, beaucoup et elle finira par en délaisser
ses enfants, son mari, et peut-être se perdre elle-même?
J'aime beaucoup la plume d'écorché vif d'Olivier Adam. Il sait si
bien retranscrire une atmosphère qu'on s'y croirait presque. Ces plages, ce
froid, ces réfugiés sales et pouilleux qui ne demandent qu'un peu de
nourriture et de chaleur humaine. On pense forcément à Sangatte dans
le nord de la France!
Mais quelquefois j'ai eu mal. De voir comment Marie traite ses enfants, les
oublie... J'avais envie de la booster en lui disant : "mais eux aussi ils existent
et ils ont besoin de toi". Mais la dépression, je crois, ne peut être
comprise par personne.
En bref, un très beau portrait de femme vers une inexorable chute.
Un coup de coeur pour moi.
Note : 5/5
(Clochette)
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Le monde comme il va... Mal!
Lu dans le cadre du Goncourt des lycéens. Encore une fois une
découverte car je lis ce romancier pour la première fois.
Disons tout de suite que des livres que j'ai lus pour cette manifestation, j'ai une
préférence pour "On n'est pas là pour disparaître" d'Olivia
Rosenthal.
Un bord de mer dans le Nord, près de Sangatte, le camp a fermé, les
problèmes sont restés. Un univers gris, de la pluie, du vent,
l'automne peut-être? Marie s'ennuie, elle a perdu son travail et, comme
beaucoup de gens, galère pour se reconstruire une vie sociale. Elle erre
sans but dans sa maison, oubliant même les choses les plus
élémentaires, les activités de ses enfants par exemple! Le
souvenir de sa soeur Clara morte dans un accident lui revient, leur jeunesse et ce
qu'elle est devenue, elle Marie.
Elle croise par hasard des clandestins qui espèrent l'Eldorado anglais,
ombres fugitives ne vivant que de la charité de quelques associations
caritatives ou de bénévolat. Marie s'engage dans ces actions
humanitaires, mais elle n'est pas capable ou ne veut pas se fixer de limites.
Peu à peu, elle néglige ses enfants, donne des vêtements, met son
couple en péril et se coupe aussi de son voisinage.
Sa famille devient la victime de médisances, son mari ne supporte plus les
railleries dont il est l'objet, Marie persiste et signe.
Elle donne tout, ruine son foyer pécuniairement et affectivement!
Mais malgré sa bonne volonté, certains dangers sont là bien
réels, pour des hommes poussés aux dernières
extrémités.
La démesure du personnage de Marie à mon goût retire de
l'intérêt au livre; son investissement personnel est hors de
proportion avec son mal de vivre, elle se perdra, mais entraînera son mari et ses
enfants dans son désir de bien faire. Stéphane, son mari, paraît
dépassé. D'ailleurs tout le monde le serait, il me semble, dans un
cas comme celui-là, malgré tout il lui reste une once d'amour pour
soigner et aimer encore Marie, mais n'est-ce pas trop tard!
Lucas et Lise, les enfants, seront les premières victimes des
commérages et de la bêtise des gens, pauvres victimes innocentes.
Je comprends mieux l'engagement d'Isabelle. Elle est seule, son mari et son fils sont
morts dans un accident de camion, alors elle accueille des réfugiés
dans sa maison. Son court séjour en prison ne nuira à personne, mais
elle quittera la région. Ainsi va le monde!
J'aime l'écriture mais ce livre me m'a pas particulièrement
enthousiasmé, en tout cas moins que les critiques que j'ai parcourues de
droite et de gauche. L'atmosphère de désolation (je ne vois pas
d'autre mot) de ces hommes que le destin a jeté là est très
bien rendue. On ne peut qu'être ému par cette tragédie
humanitaire, mais le personnage de Marie me semble absolument immature et son
comportement trop déraisonnable pour être crédible.
Une belle écriture pour un livre qui m'a déçu.
Extraits :
"Le labyrinthe des rues aux noms d'arbres absents."
"Un barbecue portatif qui n'avait jamais servi, faute de bois, faute de charbon,
faute de soleil, faute d'envie."
Note : 3/5
(Eireann)
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On retrouve dans ce roman les thèmes chers à Olivier Adam : la
mère dépressive, la banlieue triste, le manque d'argent, les enfants
malheureux, la mort d'un proche...
J'avais déjà rencontré ces thèmes dans "Falaises".
Là, l'intérêt du roman réside dans la présence des
réfugiés qui cherchent à passer en Angleterre.
Ce thème développé tout au long du livre nous fait toucher du
doigt la détresse de ces pauvres gens et leur souffrance au quotidien. Elle
nous ouvre les yeux sur une réalité et sur l'hypocrisie de
l'état à ce sujet.
On comprend l'élan de Marie vers ces gens, mais je ne crois pas que ce soit
comme certains l'ont dit, une volonté d'aider les autres. Je crois plutôt
qu'il s'agit pour cette femme d'une planche de salut pour ne pas sombrer.
J'ai pris une grande claque à la lecture de ce livre.
Ce livre est profondément déprimant, je ne pourrais pas en lire
plusieurs d'affilé...
Note : 4/5
(Odilette)
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J'ai adoré "A l'abri de rien". Effectivement on s'y croit tellement qu'on en
ressent les sentiments des personnages et ça fait pas toujours du bien au
moral. Un livre très réaliste sur une femme qui fait une dépression
mais aussi sur une situation des sans-papiers qui empire... ça nous ouvre les
yeux!
(Opale_elfique)
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